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Des Plantes et Boissons Consommées par les Jeunes Beti pour leur Virilité

Comme tous les hommes, les mâles Beti se soucient de leur virilité et partant de leur performance lorsqu’ils vont auprès des femmes. Pour cela, nombreux sont les jeunes Beti qui avant un rendez–vous avec une fille, ou une femme ou tout simplement avant un rapport sexuel, ingurgitent, consomment  des écorces, des racines, des fruits, des boissons pour augmenter leur performance sexuelle, booster leur virilité.

Abel

Ainsi, de l’avis de beaucoup de ces jeunes, les produits les plus usités sont la cola et le mbitacola. La cola est le fruit du colatier ; c’est un fruit rouge, très amer. L’arbre produit des gousses de quinze à vingt centimètres de long à l’intérieur desquelles se trouvent des fruits de la grosseur d’un œuf de perdrix.

Mélangé au « ndôñ », petits grains très épicés que l’on retrouve dans nos villages et les marchés des grandes villes, l’ensemble cola–ndôñ constitue un très puissant aphrodisiaque. Néanmoins beaucoup d’anciens et de vieillards, par pudeur vous diront qu’ils mâchent les deux éléments pour rester toujours éveillé : « ça empêche de dormir ».

Pour finir avec la cola, disons enfin que d’autres espèces de cola, en provenance d’autres régions du pays se rencontrent déjà en pays beti. C’est le cas de la cola rouge du Nord ou encore de la cola blanche à deux quartiers alors que les Beti connaissent la cola à plusieurs quartiers.

Quant au « mbitacola », c’est le pépin du fruit de l’arbre appelé « Onyé » par les Fang, Ntumu, Okak, Mvaé… ,  « Onyae » par les Bulu. Cet arbre est utilisé par beaucoup de groupes beti pour la cueillette du vin de palme et de raphia et aussi pour le vin de canne à sucre. Son écorce relève sensiblement la teneur éthylique de ces vins.

L’arbre produit des fruits de la grosseur des pommes, de couleur rouge ou jaune lorsqu’ils sont à maturité. C’est à l’intérieur de ces fruits que se retrouvent des pépins de la grosseur d’un pouce d’adolescent, de couleur jaunâtre ou grisâtre au goût amer au premier contact, cependant que la saveur sucrée se fait sentir au fur et à mesure qu’il est mâché. Il peut également être associé au ndôñ. Le mbitacola, la cola, le ndôñ sont donc les principaux fruits que les jeunes Beti consomment pour être virils.

Quant aux écorces ; la première est celle de l’arbre appelé Mebamla dont le nom commercial est le cocipot. Cette écorce peut aussi être mélangée à la cola. L’autre écorce est celle de l’arbre azâa utilisé comme antidote contre le poison (voir article sur l’empoisonnement). Elle peut être associée à quelque autre élément parmi ceux–cités.

Les racines sont assez nombreuses mais la plus utilisée est celle de l’arbuste appelé « ônoñ », arbuste qui produit des petits fruits jaunes sucrés, très prisés des petits enfants. On peut aussi utiliser les racines de l’herbe « ôndiñ ». C’est un petit arbuste qui n’atteint pas une hauteur de 0,80m. Cet arbuste saoule autant que si on avait consommé une forte dose d’alcool. De même les racines de l’arbre qui produit le mbitacola sont aussi de puissants aphrodisiaques.

Quant aux boissons, nous pouvons signaler le liquide de la liane appelée « mfazo’o/fazo’o ». En effet, dans la forêt du territoire beti–bulu–fang, se rencontre une liane qui atteint la grosseur d’une baguette de pain. Cette liane contient un liquide de la couleur de l’eau, sans saveur caractérisante. Les chasseurs et autres personnes la consomment lorsqu’ils viennent à manquer d’eau pour stopper leur soif. Cette eau naturelle augmenterait également la performance sexuelle des hommes.

D’autres boissons alcooliques traditionnelles sont également à mettre sur la liste. C’est le cas de l’arki dont le cycle ou le processus de distillation est à voir dans l’article sur la boisson et le tabac dans la société beti. Nous pouvons aussi citer le cas du Melamba, vin de jus de canne à sucre, relevé avec esŏg/ésôk ou encore l’onyé/ônyae.

Comme beaucoup des premiers articles, celui–ci n’est pas fini car nous continuons à recueillir des informations auprès des jeunes.

Nous devons néanmoins dire qu’avec l’évolution de la science, beaucoup de jeunes Beti vivant en ville ont presqu’entièrement abandonné ces produits pour se tourner vers les produits offerts par les pharmacies occidentales, modernité oblige.

   


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