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Autres Rituels Beti

Il est sans équivoque que les rituels du So, Melan et Ngi étaient de loin les principaux et les fondements sur lesquels reposaient l’harmonie, la prospérité et le bien–être du Beti d’autrefois.

 

Cependant tout comme dans la Bible, l’homme Beti s’est toujours détourné des règles établies, brisant ainsi l’harmonie sociale. C’est pourquoi d’autres rituels vont s’organiser dans la société beti. Bien que la liste soit non exhaustive, nous pouvons cependant avec l’aide de chercheurs qui ont abordé le sujet bien avant nous, présenté quelques uns de ces rituels qui parfois ont été importés des autres groupes de peuples suites aux guerres, aux mariages, aux invasions. Ces rites étaient d’expiation, de purification et d’incantation.

  1. Le rite Ndongo

Tolra considère que le Ndongo est traditionnellement une forme abrégée et privée du So, organisé pour expier un nsem sans pour autant supporter les dépenses qu’imposait le So. Le Ndongo consistait en effet à confesser ses péchés auprès d’un ngengan, un guérisseur qui à cette occasion, pratiquait l’absolution. La confession pouvait également se faire auprès de celui à qui le tort a été causé. Cette action nécessite de la part du fautif beaucoup de courage, d’humilité, mais aussi un grand sens de la paix ; la guérison étant obtenue à partir de la réconciliation.

  1. Le rite Esie

Rite de conjuration, l’Esie était pratiqué quand un membre d’une famille, malgré les soins médicaux prodigués n’arrivait pas à recouvrer la santé. Il était donc organisé par tout le lignage une assiste rituelle publique regroupant la famille large et à laquelle était convié un, parfois plusieurs mingengañ pour conjurer la maladie.

Le malade doit donc faire une confession publique de tous ses méfaits. Si c’est un enfant mineur qui est malade, ce sont ses parents qui confessent. Les hommes âgés de la famille invoquent les ancêtres pour qu’ils accordent la guérison au malade qui a tout avoué sur ses actes.

Puis après la confession, les participants majeurs vont tous en brousse pour chercher les herbes et les écorces médicinales qui sont malaxées dans une grande bassine médicinale faite avec de l’eau de source. Le malade est arrosé par les siens puis il se lave lui–même. Dès cet instant, le guérisseur peut diagnostiquer le mal et le soigner. S’il ne peut le faire, il peut orienter le malade vers un spécialiste.

  1. Le rite Tso’o/Tso/tsogo

C’est un rite de purification consistant à « laver » une personne d’un mal commis. A la différence du rituel Esie, réservé à une personne malade mais qui ne guérit pas malgré les soins, le Tsô s’adresse à une personne en bonne santé physique mais malade psychologiquement et désireuse de conjurer le mal fait aussi bien à l’encontre de son prochain qu’à l’endroit de la communauté. Il s’agit de l’élimination rituelle d’un individu coupable d’un crime volontaire ou suicide ayant porté atteinte à la vie d’une personne par un moyen ou par un autre.

La deuxième possibilité du tsô est le cas d’un inceste, car pour un Beti, commettre l’inceste c’est « tuer » la parenté ; par conséquent quiconque a commis l’inceste est considéré comme un criminel et doit également se purifier. Mais sa célébration est différente de celle de celui qui a versé le sang.

C’est ainsi par exemple que les incestueux vont piétiner le mouton ; victime de substitution, avant qu’il ne soit égorgé. Dans d’autres cas d’ailleurs, la bête est étouffée et non égorgée car prenant la place d’un être humain.

   

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