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La Sorcellerie

Dans la vie quotidienne des anciens Fang–Beti, et même jusqu’à ces jours du XXIe siècle, tout malheur, tout échec, toute maladie, en un mot toute est était une manifestation des forces maléfiques que l’on désigne par mgbwel/mgbee : la sorcellerie.

La sorcellerie se manifeste par les effets malveillants d’une entité appelée évu. C’est une force maléfique dont chacun peut être doté. En même temps l’évu renvoie à un être identifiable cependant que son origine tient d’un mythe. Son action dévastatrice et destructrice explique la pléthore de pratiques, de rituels et d’agents protecteurs dont les Beti font usage. Car il est nécessaire sinon vital de se protéger contre cet agent dont tous les Beti s’accordent à denier toute valeur bénéfique.

 

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En effet, de ses entretiens avec les anciens Beti dont certains reconnaissaient être sorciers (c’est–à–dire possesseur de l’évu), Philippe Laburthe–Tolra affirme que l’évu est un être ayant une forme animale : lézard, grenouille, crabe, chauve–souris…. Il vit dans le ventre de son détenteur en ce qui concerne les hommes, et dans le vagin pour ce qui est des femmes. Sa vie est étroitement liée à celle de son détenteur.

La mort de l’un entraînerait donc celle de l’autre ; c’est pourquoi si un homme était blessé en sorcellerie, c’est son évu qu’il faudrait directement guérir. Mais avant de poursuivre la découverte de cet évu paradoxal, il fut d’abord examiner son origine qui prête à la confusion.

L’origine de l’évu est donnée par la tradition orale comme d’ailleurs il est le cas pour bien d’autres aspects de la vie des Fang–Beti. Selon les anciens Beti cités par Tolra, c’est une femme qui aurait ramené l’évu au village. Suivons le récit :

Un homme (Zamba pour certains groupes beti) vivait avec sa femme et leur enfant. Pour s’approvisionner en viande fraiche, il se rendait chaque jour en forêt, seul, et revenait le soir chargé d’une grande quantité de gibier. Un jour qu’il devait voyager, il dit à sa femme de ne jamais aller en forêt, là où chaque jour il ramenait du gibier. Comme il durait en voyage, la femme qui n’avait plus de viande se décida à aller visiter les « pièges » de son mari. Arrivée en brousse, elle trouva un tas d’os dans une clairière en pleine forêt. Alors qu’elle poussait une exclamation de stupéfaction devant le spectacle qui s’offrait à elle, elle entendit une voix lui demandant qui elle était et ce qu’elle voulait. Une conversation s’engagea au terme de laquelle la femme parvint à convaincre l’évu (puisqu’il s’agit de lui) de venir au village avec elle. Pour le cacher du regard des hommes, la femme mit l’évu dans son vagin, et il fut conclu que l’évu se débrouillera bien pour se nourrir. Une fois au village, et après un certain temps, l’évu demanda à manger à la femme qui ne sachant quoi lui donner lui demanda de se nourrir comme il le pouvait. L’évu sans être vu de quiconque tua le mouton qui passait  par là. C’est le début de l’hécatombe.

En effet, après les bêtes, l’évu s’attaque à l’enfant du couple. Les habitants assistaient bien à l’extermination des habitants (hommes et bêtes) du village sans savoir qui en était responsable. De retour du voyage, l’homme fut mis au courant des derniers événements. Celui–ci demanda derechef à la femme si elle était allée en forêt. Elle dit oui et alors son mari s’exclama et déclara qu’elle serait désormais la ruine du village. Ainsi habita l’évu parmi les hommes car la femme ne put jamais s’en débarrasser.

Ce mythe démontre bien les caractéristiques de l’évu selon les Fang–Beti.

L’action de l’évu est invisible ; l’on ne peut percevoir que ses effets. Cette impression est d’ailleurs celle des Ntumu qui assimilent l’évu au vent. Ils rapprochent d’ailleurs le mot évu à évuñ (le vent). Selon les Ntumu donc, l’évu serait comme le vent dont on ne sent la présence que sur les feuilles des arbres, la poussière qu’il soulève, les habits qu’il soulève.

L’évu est avide de sang dont il se nourrit. C’est ce qui explique les déclarations des Beti–Fang selon lesquelles lors des réunions nocturnes, les sorciers se nourrissent de viande et de sang humains dont chaque membre d’un cercle de sorciers est tenu de fournir à un moment ou à un autre.

La tradition beti considère que l’évu féminin est de loin le plus puissant. Il vit dans le vagin de la femme et fait de certaines femmes de vraies nymphomanes. C’est pour cela qu’il est fréquent d’entendre chez les Beti dire à propos d’une femme dont les performances sexuelle sont extraordinaires qu’elle a l’évu aux « fesses ».

De même il est courant de suivre qu’une femme en travail éprouve des difficultés à enfanter parce que son évu a barré la voie de passage à l’enfant. (Il en est également d’une femme qui multiplie les fausses couches, on dit que son évu lui mange les enfants dans le ventre). Seulement il n’a jamais été signalé par des médecins modernes qu’un évu a été aperçu lors d’une opération chirurgicale ou lors d’un enfantement d’une femme beti.

Cette complexité, ce paradoxe sur la question de l’évu est renforcée par une autre conception. Selon les déclarations des Beti, l’évu sort souvent de sa demeure pour prendre une forme animale (gorille, chauve–souris, hibou, luciole…) afin de remplir son dessein destructeur. Ainsi, il est fréquent en pays beti–fang qu’un homme déclare qu’un hibou hululant la nuit derrière les cases du village n’en est pas un, mais bien une personne qui a pris cette forme pour agir.

L’évu aurait donc une capacité de dédoublement. Il peut prendre la forme du hérisson, et dévaster le champ d’arachides ou de maïs d’une voisine. Mais dans cet état de dédoublement, toute atteinte portée à cet animal affecte directement le possesseur de l’évu dédoublé. C’est pour cela que l’on a souvent entendu des personnes déclarer en toute conscience qu’une blessure reçue au pied par un coup de machette en plein jour, n’est que la matérialisation concrète d’un coup de coupe–coupe reçu lors d’un combat ou d’un affrontement en sorcellerie. Manifestement tout ce qui a trait à l’évu est bien paradoxal ; comme l’est le processus d’acquisition de l’évu.

Car la femme qui aurait ramené l’évu au village n’en a apporté qu’un seul, pourtant l’on dénombre aujourd’hui encore une multitude de beyem (sorciers) donc de bivu (pluriel d’évu). Selon les Beti, l’évu se transmet de deux manières :

  1. la première transmission est héréditaire : le père transmet l’évu à son enfant lors de sa conception, à travers la semence déposée dans la femme. Pour ce qui est de la transmission effectuée par une femme, elle se fait au moment de l’accouchement. Cette assertion est très répandue chez les Ntumu qui considèrent que c’est la femme qui transmet l’évu. Celle qui n’en possède pas ne peut donc rien transmettre. Cette impression laisse ressortir que l’évu serait une forme de péché originel, qui est déjà en tout homme au moment de sa naissance, une forme d’ADN qu’on hérite de son géniteur ou de sa génitrice. Les anciens Beti expliquaient par cette idée la continuation des rapports sexuels avec une femme enceinte jusqu’à la « formation complète » de l’enfant. Le père devait poursuivre ou parachever la transmission de la puissance qui faisait d’un tel un « homme accompli ». C’est ce qui explique également le peu de considération accordée à un enfant né hors mariage, donc de père « inconnu ». Un tel enfant était un « zeze mbod » « Zezé môt » ; homme de rien, vide, son père n’ayant pas continué à alimenter sa formation, à le nourrir de sa puissance par l’acte sexuel continu après la conception. Cette idée sous–entend qu’en chacun il y a un évu latent, inconscient donc inactif qu’il suffit de « réveiller », d’initier ou d’activer pour faire de son propriétaire un sorcier actif qui prendra part aux réunions de sorciers. Tout homme serait donc un potentiel sorcier.
  2. La deuxième forme de transmission de l’évu est intentionnelle, à des fins néfastes, meurtrières. Cette transmission se fait par l’action d’un nnem (sorcier) confirmé, au pouvoir puissant. Selon les Beti, cette transmission se fait entre personnes de même sexe. Ainsi pour ce qui est de la transmission de l’évu à une petite fille, la femme (presque toujours âgée) le fait au champ, à la maison ou alors lors d’une partie de pêche (alog/alôk). Elle peut lui donner à manger un mets envouté, et lui demander en retour un membre de la famille. Parfois, elle mettra la fillette dans la claie suspendue au dessus du foyer, fait des incantations au cours desquelles elle dit à la désormais nnem ce qu’elle aura à faire : désobéissance envers les parents, interdiction de faire des enfants… Cela est appelé en dialecte beti–fang akyae, akye, aka’aé. Pour parachever l’initiation vampirique de l’enfant, la sorcière lui fera goûter du sang (du sang de chèvre, chien, de personne) éveillant par le fait même l’avidité de sang de l’évu activé.

Pour les garçons, le vieil homme donne une partie de son propre évu au garçonnet. Si ce dernier peut l’avaler, il sera désormais sorcier car son « parrain » conduira ses premiers pas dans les rendez–vous nocturnes. Si le garçon est incapable d’avaler l’évu à lui donné par le vieillard, il sera malade et nécessitera les soins d’un ngengañ pour guérir. L’initiateur une fois l’évu donné, va également dans ses incantations recommander à l’initié une action semblable à la sienne. Puis il lui fait également gouter du sang.

Ainsi doté de la force nécessaire pour faire de la sorcellerie, le nouvel initié va intégrer le cercle ésotérique des beyem, cercle qui se caractérise entre autres par une guerre permanente, une compétition, un affrontement continu entre ses membres. Cette guerre se justifiant par le fait que certains membres ne respectent pas toujours leurs devoirs.

En effet, dans ce cercle de vampires, chaque membre est appelé à donner un membre de sa famille pour le festin organisé chaque nuit ; ce serait donc une forme de cotisation. Celui qui ne cotise pas est donc combattu par les autres sorciers ; qui finissent par « manger » celui qui a mangé sans vouloir à son tour donner à manger.

Et jusqu’à ce jour, il est encore fréquent d’entendre une personne sur le point de rendre l’âme confesser en reconnaissant appartenir à une « tontine » qui lui réclame de payer ses dettes auprès de la communauté. Il faut maintenant voir comment les sorciers se rendent à ces réunions de vampires dont les Beti/Fang s’accordent à dire qu’elles se tiennent chaque jour, de nuit, au niveau du village, du pays et même au niveau mondial car certains ont déclaré être allé en Europe, en Amérique en sorcellerie.

Pour se rendre à une réunion de sorcellerie, les Beti s’accordent sur le fait qu’ils le font nu, beau/belle, jeune, en un mot transformé, transfiguré. C’est ainsi qu’on vous dira que tel vieil homme ou telle vieille femme bien sale, pouilleux et misérable est une jeune personne bien soignée, nantie, vivant dans une villa ou un château et se déplaçant dans une rutilante voiture, ou un avion dernier cri, et présidant aux destinées de cette réunion qui rassemble des personnes de différentes origines et de classes différentes, se rendre à une réunion de vampires montre une fois encore la superpuissance supposée de l’évu, capable de transformer un balai ordinaire vu de jour, un assemblage grossier de moelle de raphia ou de bambou en un avion capable de faire des voyages intercontinentaux. Difficile encore d’admettre une tige de feuille de papayer représentant un tam–tam capable de communiquer avec les autres sorciers situés à des dizaines de kilomètres. Un sorcier soutiendra pourtant que cela est vrai.

Nous disions tantôt que le quotidien des rencontres de sorciers était fait de guerre permanente, d’affrontement entre membres de la confrérie ; cela a pour conséquence directe des blessures qu’ils se font les uns les autres. Or nous avons également relevé que la vie du sorcier était étroitement liée à celle de son évu ; que toute action envers l’un affecte directement l’autre. C’est pourqoui lorsqu’un sorcier s’est blessé dans la nuit noire, il va présenter cette blessure le jour. Comment cela arrive–t–il ?

Une blessure reçue à la jambe par exemple d’un coup de machette, en sorcellerie va se réaliser en plein jour sous un aspect banal : être égratigné par le bambou d’un lit, une épine ou tout autre objet anodin. Dans le cas d’une fracture, le concerné fera une chute banale, moins grave pour le commun des hommes, mais il se fracturera effectivement. Une égratignure comme nous l’avons signalé se transforme aussitôt en une plaie énorme, qui ne finira jamais par les seuls soins de la médecine moderne, scientifique. Pour le fracturé, il lui faudra bien les soins d’un ngengañ (guérisseur) sinon il pourrait perdre ce membre qui deviendrait invalide. Des exemples du genre pleuvent dans le pays beti–fang.

Pour ce qui est de celui qui a été battu par les autres sorciers, pour le soigner, il faut les services d’un grand ngengañ qui doit posséder un évu plus puissant que celui de tous les sorciers, de sorte qu’aucun d’eux ne soit en mesure de le vaincre. Car les causes des combats étant les disputes, le non paiement de sa quote–part, les sorciers vont poursuivre celui qu’ils ont attaqué jusqu’à chez le guérisseur.

Il faut donc être capable de le défendre et de se défendre soi–même. Sinon s’en est fait de vous deux. Décider de soigner celui sur qui les flèches meurtrières des sorciers sont braquées est donc un risque énorme. C’est pourquoi il faut avoir un évu qui inspire le respect mais surtout la crainte des autres bivu.

Quant aux soins proprement dits, le guérisseur amène d’abord le malade devant sa bassine médicinale (étog/étok). Là le malade doit confesser tout ce qui s’est déroulé dans la nuit. Puis le guérisseur va prendre une bête à sacrifier (chien, chèvre, mouton, canard…), lui faire absorber l’eau de la bassine médicinale faite à propos, puis parler à la bête, lui demandant d’accepter le sort qui lui est désormais réservé.

La bête sacrifiée, le guérisseur arrose le malade de ce sang en faisant des incantations. Le cœur de l’animal sera préparé dans un mets avec des herbes et donné à manger au malade. C’est la bête qui sera « remise » à ceux qui poursuivaient le malade en lieu et place de celui–ci.

Pour soigner un enfant qui a été nouvellement initié à la sorcellerie, de même que pour une fille qu’une vieille femme a initiée à akyae/aka’aé, en lui demandant en rançon une personne aimée de la famille, les soins se font parfois à la rivière (qui est censée emporter au loin l’envoûtement) ou encore devant la bassine médicinale où la malade se confesse. Puis le guérisseur procède de la même manière que la précédente.

Dans le cas d’un malade qui a utilisé son évu au–delà de sa puissance (la force de l’évu diminuerait donc en fonction de l’intensité de l’activité exercée), de même que pour une personne qui a utilisé son évu en plein jour, et dont l’évu s’est « blessé », le guérisseur l’amène d’abord à la traditionnelle séance de confession. Puis il oint son corps d’un « baume » qui a la faculté de cicatriser les blessures de l’évu.

Puis le guérisseur prépare un mets de courgettes mélangées aux herbes médicinales. Dans certaines régions, le guérisseur devait faire vomir son évu au malade. Puis il en faisait autant et alors utilisait une « colle » faite de sève de l’arbre ékug/ékuk mélangée à d’autres herbes. Il enduit les blessures de l’évu pour les faire cicatriser. Puis chacun reprenait son évu et le guérisseur achevait le travail par des massages.

Cependant, selon les témoignages des vieillards Beti, cette forme de soin a été abandonnée parce que certains malades arrivaient à avaler l’évu du guérisseur, lui abandonnant son évu malade ; ce qui signifie sans embage une condamnation à mort.

Pour boucler ce tour des relations sorcier/guérisseur, il faut enfin signaler le cas de ce que nous avons appelé un évu latent, qu’il faut activer pour qu’il commence les sorties nocturnes. Dans ces cas, le guérisseur peut arriver à « casser les dents » ou encore à « percer les yeux » de cet évu tant qu’il n’est pas encore bien actif ; c’est–à–dire tant qu’il fait encore ses premiers pas en sorcellerie.

Pour ce faire, il prépare un mets dans lequel on retrouve des herbes médicinales, un œuf. Le tout est emballé dans des feuilles et cuit à la vapeur. Pour le donner au malade, il se place dos à dos et lui donne à manger sans qu’ils se regardent. Un évu ainsi traité ne peut plus « sortir », et son possesseur devient un mimie, un innocent, ignorant l’activité nocturne. Il faut bien reconnaître que la liste des maladies et des traitements appropriés est longue, seuls les cas les plus fréquents ont été recensés.

Si le quotidien du nnem (sorcier–possesseur de l’évu) est fait de sorties nocturnes, de festin cannibale, de guerres et d’affrontements avec les autres sorciers, celui d’un mimie (innocent, ignorant les délices des voyages intercontinentaux) est bien plus calme, plus sain, loin du sang et de la chair humains.

Un innocent est préservé de l’attaque des sorciers tant que son évu n’a pas été initié à la sorcellerie. Son sommeil est calme et pour que les attaques des sorciers l’atteignent, il faut que son évu soit activé. Or il est difficile d’activer un évu latent d’une personne adulte. Car tous les cas d’initiation à la sorcellerie sont signalés sur des enfants assez âgés pour supporter la puissance qu’on éveille et suivre les pas de son initiateur.

En regardant bien la société fang–beti, sous l’angle de la sorcellerie, l’on s’aperçoit qu’elle se scinde en deux groupes ; le groupe des sorciers (beyem), savants et celui des innocents, ceux qui n’ont rien à voir avec la guerre perpétuelle que se font les membres du premier groupe.

Nous pouvons conclure que la pratique de la sorcellerie, science occulte, est conditionnée par la possession d’un évu activé, force ou pouvoir du mal, par essence destructeur. La survie des sorciers est assurée par la science des mingengañ ; sorciers–guérisseurs qui ont la maîtrise et le pouvoir de soigner ceux qui ont été victimes des affrontements continus que se livrent les sorciers à chaque sortie nocturne.

C’est pour échapper à l’emprise de cette force dévastatrice et meurtrière, introduite dans la société par une femme, que les anciens Beti–Fang ont institué des rituels protecteurs au cours desquels étaient organisées des ordalies, des séances de confession publique. Egalement les anciens Beti ont eu recours à des charmes et remèdes de protection, qui imposaient parfois des interdits dont le bris imposait des rites de purification. Et pour tout dire, la sorcellerie est toujours considérée comme une force négative dont on renie tout acte bénéfique.

 

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