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Afii ? Anjek !
Les Enigmes ou Devinettes

L'énigme ou devinette, est un genre oral qui consiste à découvrir une chose cachée àâ travers une description détournée et ambigue. Le but est de deviner ce qui se trouve derrière une phrase imagée, enveloppée de tournures difficiles à démonter, mais suffisamment explicites lorsqu'on en possé de la clé.

Il s'agit cependant d'un exercice bien réglé où la chose àâ deviner ou à découvrir existe déjàâ par convention. Il faut par conséquent montrer sa capacité àâ la connaître dans un contexte d'expression compétitive, c'est–à–dire dans un jeu de question–réponse dont le rythme est parfois accéléré. La connaissance de l'énigme est ainsi perçue comme quelque chose de profond, qui sort de la banalité ambiante consistant à répondre machinalement aux questions, par un systême de bachotage aveugle.

Les fonctions de l’Enigme

L’énigme a une double fonction de divertissement et d’éducation.

Pour le divertissement, l’énigme s’insère dans la lignée de toutes les activités ludiques dont le cadre et les règles sont bien définies. Les conditions de déroulement du jeu sont absolument gaies et les joutes d’énigmes se passent dans la bonne humeur générale. On attaque (questionneur) et on se défend (l’auditoire) ; qu’on gagne ou qu’on perde, tout se déroule dans une ambiance joyeuse, faite d’émulations et de plaisanteries.

Déroulement du jeu d’énigme

Le jeu d’énigme répond à une réglementation précise

Début du jeu : le jeu peut se dérouter soit entre deux joueurs, soit entre un joueur et tout l’auditoire. Quelque que soit la forme, les formules introductives sont les mêmes :

  1. Le locuteur (questionneur) prononce la formule suivante :  « Afii ? »   qui peut se traduire par « Ecoute » mais sous une forme interrogative, genre « Prêt ! »
  2. Le vis–à–vis ou l’auditoire répond par « Anjek » qui peut signifier « Raconte » mais sous forme affirmative, genre « Prêt ! »

Il est important de noter que la réponse « Anjek » renvoie à l’arbre du même nom. En effet, dans la suite de l’échange des propos entre le questionneur et l’auditoire, on le perçoit très nettement de façon suivante :

Question (bulu) Eyoñ wo jô na « Anjek » ye wo yeme mam ya anjek si ?

Trad. Français : Quand tu réponds « Anjek », connais–tu ce qui se passe sous l’arbre anjek ?

Réponse (bulu) Ye wô’ô wo yem mam ya abum be nyua ?

Trad. Français : Et toi, connais–tu ce qui se passe dans le ventre de ta mère ?
Après ce propos qu’on peut qualifier de formalités, le jeu d’énigme se déroule en deux phases subdivisées en une question et une réponse ;

  1. Phase questionnaire : C’est la proposition de l’énigme par le locuteur. Il énonce distinctement et marque un temps d’arrêt suffisant pour permettre à l’auditoire d’y répondre : « Mon père et moi sommes allés chez Meyo me Benga ; en partant, nous avons sectionné une racine mais au retour, elle s’était à nouveau soudée » ?
  2. Phase réponse : Après concertation rapide, l’auditoire livre sa réponse : « Une colonne de fourmis–soldats ».

La réponse est juste et le locuteur annonce une autre énigme, jusqu’à épuisement de son imagination. Quelqu’un d’autre peut le relayer et prendre ainsi la place du questionneur.

Si par contre la réponse est mauvaise, ou s’il n’y a pas de réponse du tout, il s’en suit un nouveau mode de dialogue en fonction de la réaction de l’auditoire.

Premier cas : La réponse est mauvaise

Le questionneur marque un point et le fait savoir en annonçant bruyamment sa victoire par une formule « nnômô ne bôô » !  Immédiatement après, le locuteur traduit l’énigme non trouvée. Il s’agit là d’une obligation, nous verrons pourquoi plus loin.

Deuxième cas : L’énigme n’est pas trouvée

Lorsqu’il est impossible à l’auditoire de découvrir une énigme et pour éviter le point (nnômô), il avoue son impuissance en déclarant « mesu ? » qui signifie : « qu’est–ce–à dire ? ». Dans ce cas, le locuteur est obligé de dévoiler la réponse exacte. Il peut arriver dans certaines circonstances que le locuteur invente une énigme ne correspondant pas à un répertoire préétabli. La supercherie découverte, celui–ci perd son privilège de continuer à mener le jeu et se fait immédiatement remplacer par un autre meneur.

Les onomatopées

Certaines énigmes ne sont pas parlées, mais « mimées ». Il s’agit dans ce cas pour l’auditoire de suivre les intonations de la voix du questionneur pour se situer. La phrase proposée est composée des syllabes qui « épousent fidèlement la mélodie et le rythme des syllabes correspondantes de l’énigme »

Exemple « nhé nhé nhé, nhé, nhé nhé nhé, nhé, nhé nhé nhé »

Réponse : « Viek ône ntuban, ô lebeke’e zut, kpwem y’été te bé »

(Quand une marmite est trouée, elle suinte et la nourriture qu’on y prépare ne cuit pas). Dans ce cas de figure, on constate qu’il y a 11 onomatopées qui correspondent effectivement à 11 intonations issues de la phrase à décoder. Il ne s’agit pas ici de trouver la signification de ces onomatopées, mais de décoder les différentes intonations qui, en plus se rythment sur une mélodie.

Les Enigmes

Afii ?
Anjek !
N. Le le le

E. Mva’a mboé

     Le barbeau de la partie de la rivière peu profonde.

Commentaire : Dans la rivière, on ne peut pas très bien savoir comment se déplacent les poissons, à cause de la couleur de l’eau. Toutefois, la particularité du « mboé » c’est que c’est généralement un endroit où le sable est assez nombreux pour permettre d’apercevoir le lit du cours d’eau. Dans ce cas, cela permet de voir évoluer les poissons et particulièrement les barbeaux dont les déplacements se font par rapport à un itinéraire sinusoïdal.
Moralité : On connaît quelqu’un à travers les traits de son comportement.


Afii ?

Anjek !
Nsili. Meso wôô, meke wôô
          Au retour et à l’aller c’est le même bruit : wôô

Eyalan. Ekôk
            Le panic à feuilles retombantes

Commentaire : Wôô : bruit de cette herbe qu’on rencontre sur les pistes. Il s’agit donc ici de caractériser celle–ci à travers le bruit qu’elle fait lorsqu’on la traverse.


Afii ?

   Anjek !
N. Meso zik meke zik
    Au retour et à l’aller : zik !

E. Ekum
    La souche

Commentaire : La notion à retenir ici est celle qui caractérise la souche. ZIK peut signifier deux choses dans ce contexte : la courte taille d’une souche qui est en fait un tronc d’arbre taillé, ou alors l’arrêt brusque devant celle–ci.
   

Afii ?
   Anjek !
N. Meso tôs, meke tôs ?
A l’aller comme au retour : tôs
E. Obak
    La culbute

Commentaire : Comme dans les énigmes précédentes, on veut abréger une caractéristique par une onomatopée : Wôô pour le panic, Zic pour la souche et Tôs pour quelqu’un qui culbute sur quelque chose, généralement contre une racine. La culbute avait une grande signification chez les Bulu. Lorsqu’elle se faisait directement par l’orteil comme cela pouvait arriver, étant donné que nos ancêtres marchaient pieds nus, on parlait de ôbak ndôba’ane, la culbute de la rencontre. « Rencontre » est prise ici dans le sens large et ambivalent (bonne ou mauvaise) : dans le cas où la culbute se faisait avec le dessous du pied (généralement sur une racine), on parlait de ôbak zela’ane, la culbute de croisement plus précisément un signe qu’on va râter quelque chose d’important ou quelqu’un.

Enfin, les Bulu avaient un proverbe sur la cultute « Te fombô vôm wo te kolé, wo vi’a ke fombô vôm wo ku ».

Traduction : on ne regarde pas où on a culbuté, mais plutôt là où on a chuté.

Afii ?
   Anjek !
N.  Nhé  ñhé ñhé
Onomatopée

E.  Menyiñ me ngal ba nnôm
    Les confidences entre épouse et époux

Commentaire : Le mari avait l’habitude de consulter discrètement sa femme sur toutes les questions qui concernaient la vie familiale, voire celles du clan. Il pouvait de ce fait arriver qu’ils discutassent, mais sans pour autant élever la voix, sous le sceau de la confidence.
Moralité : L’intimité des époux

 
Afii ?

   Anjek !
N. nhé nhé nhé, nhé, nhé nhé nhé, nhé, nhé nhé nhé 
     Onomatopée

E. Viek ône ntuban, ô lebeke’e zut, kpwem y’été te bé
    La marmite qui est trouée suinte par le bas ; la nourriture qui y est préparée, à l’exemple des        feuilles de manioc pilées, ne cuit point.

Commentaire : Cette vérité se situe au niveau de toute nourriture qu’on prépare, mais particulièrement de ces feuilles de manioc qui, lorsqu’elles ne sont pas bien cuites, sont à la fois dures à mâcher et surtout, ne se débarrassent pas d’une certaine odeur. 
Moralité : C’est dans les bonnes marmites qu’on prépare les bons mets.

 

Afii ?
Anjek !

N. Biwolo biwolo bi woñtyoñ ?
E. Mone mbot bengon b’ajaé wo
    Petite parure que les jeunes filles portent au bras

Commentaire : C’est le cliquetis produit par les parures qui donne ce bruit.


Afii ?
Anjek !

N. Kili kili ki ki kili ?
      Onomatopée
E. Sebe étom ô yeme miene.
Commets une bévue pour connaître les tiens

Moralité : C’est dans le malheur qu’on reconnaît ses vrais amis.


Afii ?

Anjek !

N. Mingubeli mingubeli ?
Onomatopées

E. Kaé alu
La feuille de taro

Commentaire : Ces onomatopées montrent que les feuilles de taro sont larges.


Afii ?

Anjek !

N. Jé j’azu jili ?
    Qu’est–ce qui vient delà–bas ?

E. Alu
La nuit


Afii ?

Anjek !

N. O bômé mimbaé mise, wo vo’o bôme wu ?
Tu peux jouer de tous les tambours mâles, sauf celui–ci

E. Nsoñ akoñ
La pointe de la lance

Commentaire : Le tambour mâle est constitué d’une surface plane qui permet au joueur de frapper dessus avec aisance. La lance ne dispose pas d’une pareille facilité à cause de son extrémité pointue.


  Afii ?

   Anjek !

Ngeké bekôn ?
La luciole des fantômes

E. Mvokuma ônon
Le moineau à tête grise  

Commentaire : Il est fort probable que dans les temps anciens, le moineau à tête grise, qui est un oiseau très mobile avait été assimilé à la luciole pour éclairer le chemin des fantômes. En effet, c’est la nuit qu’on voit apparaître les lucioles. Il est généralement admis qu’une luciole qui est engloutie par les flammes du feu domestique annonce inévitablement une prise de gibier.
Moralité : Dimension mystique du rôle joué par certains êtres dans la cosmogonie traditionnelle.

   
Afii ?
 Anjek !

N. A ngunu bon nkôl yôp ?
     Il rassemble les enfants en haut de la colline ?

E. Atu
    Le taro

Commentaire : Le taro produit souvent beaucoup de tubercules qui donnent l’impression de la multitude. D’autre part, on le plante assez souvent sur un monticule et non pas dans la vallée.


Afii ?

Anjek !

N. A ngunu bon nkôle si ?
    Il est entouré d’une multitude d’enfants en contrebas de la colline

E. Evindi nyo
    Le boa

Commentaire : Le boa met bas dans des terriers après avoir déposé des œufs. Ceux–ci ressemblent avant leur éclosion à une multitude d’enfants rassemblés autour de leur mère.

   
Afii ?
Anjek !
N. Anje nja’a bikôtôk te su fom/Obat ékon ya bikôtôk te su fom ?
    Le bois/plantain non mûr des clairières ne manque jamais de fourmis piquantes

E. Abine nya môtô te su mvé
    Les bourses (le scrotum) de l’ancien ne peuvent pas manquer de cicatrices.

Commentaire : Cette énigme fait allusion à l’expérience. Un vieil homme a dû passer par des périodes où, peut–être, ses parties génitales ont été soumises à l’épreuve des blessures, voire d’une brûlure. Bref, en raison du fait que nos ancêtres ne marchaient qu’avec un cache–sexe, leur corps en général était exposé à des agressions extérieures incessantes.


Afii ?

Anjek !

N. Mone jôm anga so mañ yat a zu a bem bôt minlô si ?
Un petit paquet est venu de l’autre côté de la mer obligeant les hommes à se prosterner

E. Mbô
     La poire à lavement.

Commentaire : lorsque quelqu’un se purge, la pratique courante veut qu’il se courbe, tête baissée, pour introduire la poire dans l’anus. Ceci était surtout valable avec les poires à lavement traditionnelles qui obligeaient les utilisateurs à adopter la position ci–dessus décrite.


Afii ?

Anjek !

N. Mbañ nkôk ô sale bingombé ?
     La longue canne à sucre fend l’accordéon en deux

E. Ekôla’aseñ é dume bemvendé
La coque de parasolier fait tomber les anciens (aînés)

Commentaire : Les feuilles de parasolier se remplissent d’eau et deviennent glissantes.


Afii ?

Anjek !

N. Mon ônon a bete ajap, ajap é ye’e bui’i ?
     Le petit oiseau est posé sur l’arbre à beurre, celui–ci menace de se briser

E. Mone fes a nyiin wo dis, dis é ye’e tui
Une petite saleté entre dans ton œil, et l’œil veut se crever.

Commentaire : Il s’avère que la délicatesse de l’œil le rend très sensible à toute saleté qui y entre. Dans ce cas, l’homme éprouve une telle gène qu’il voudrait immédiatement s’en débarrasser.


Afii ?

Anjek !

N. Bôt bese ya nlam wu be tii nkol ?
Tous les habitants de ce village sont attachés à une même corde

E. Oyo
Le sommeil

Commentaire : Dès que la nuit tombe toutes les maisons se ferment et tout le monde va dormir, comme pour dire que la nuit est faite pour dormir. L’acte de dormir s’effectuant presque en même temps, on parle d’une corde.


Afii ?

Anjek !

N. Tit éne afane di, mebo ntet ?
    Il existe un animal dans cette forêt à cent pattes

E. Nguan
Le mille–pattes

Commentaire : Le mille–pattes comme son nom l’indique, possède tellement de pattes qu’il est ainsi qualifié. Ici, l’énigme parle d’animal pour éprouver la capacité de l’auditoire à dissocier et à associer à la fois.


Afii ?

Anjek !

N. Ake a tok afan afan ?
    Il boue à travers la forêt

E. Ekum fos
    La souche (le palmier pourri) remplie de larves de Rhychophorus.

Commentaire : L’abattage d’un palmier pour l’extraction du vin de palme donne la possibilité par la suite de recueillir des larves comestibles. Or, leur existence est signalée par le fait que leurs entortillements produisent un bruit semblable à celui d’une marmite qui bout au feu.


Afii ?

Anjek !

N. Elé éne si nyô, j’awum mende’e me ôlobinda ?
Il existe sur cette terre un arbre qui produit des flacons de parfum

E. Fio
    L’avocat

Commentaire : La forme de l’avocat donne l’impression d’être un flacon arrondi contenant du parfum.


Afii ?

Anjek !

N. Zeñ é yate nka ébé ?
La fougère est répandue tout au bord du trou
E. Mevul me yate nka mvel
    Les poils envahissent les bords du vagin

Commentaire : La concordance entre la fougère et les poils permet d’établir une association entre le trou et le vagin qui lui est assimilé.


Afii ?

Anjek !

N. Ze é bete ékum ?
Le léopard est placé sur une souche d’arbre
E. Nnem a tele bôt
Le sorcier se trouve parmi les hommes

Commentaire : Le sorcier « nnem » (celui qui sait = yem) est généralement compris comme quelqu’un qui a quatre yeux et possède un corps éthéré qui peut lui permettre d’être parmi les autres personnes sans que celles–ci le voient. D’autre part, le sorcier est assimilé au léopard, un animal féroce qui est prêt à attraper sa proie. Le sorcier est un sanguinaire parce qu’il « mange » la chair humaine. L’allusion à la souche est en rapport avec un poste d’observations : le léopard est embusqué, à l’affût, prêt à saisir sa proie.


Afii ?

Anjek !

N. Beta élé anga tele tate asu aba, étyi te ku kaé ?
    Un énorme arbre était placé au–devant de la case à palabres de mon père : jamais il ne laissait  tomber de feuille.
E. Alen
    Le palmier

Commentaire : Les feuilles de palmier ne se détachent pas pour tomber comme les autres feuilles d’arbres.


Afii ?

Anjek !

N. Atôm énga so mañ yat, te nka’an ?
    Un colis est arrivé de l’autre côté de la mer sans être attaché

E. Abum
La grossesse

Commentaire : La grossesse a toujours été assimilée pour nos ancêtres à un don envoyé d’ailleurs. Pour ajouter à la difficulté, le locuteur parle de l’autre côté de la mer pour montrer l’éloignement de l’expédition du colis.


Afii ?

Anjek !

N. Kôs é bete akok ?
Le perroquet est perché sur un rocher
E. Nyin
Le pou

Commentaire : L’homologie est établie entre d’une part le perroquet et le pou d’un côté, et de l’autre, le rocher et la tête.


Afii ?

Ajek !

N. Alen étele ékôtôk ?
 Le palmier est placé dans la clairière

E. Nya môtô a tele nkañete
     L’adulte se livre à des ragots

Commentaire : La situation du palmier dans la clairière est comparée à l’adulte qui se dresse pour se livrer à son sport favori : débiter des histoires. La clairière est parsemée d’herbes et de produits vivriers déjà récoltés depuis longtemps. Le palmier surplombe tout cela, comme l’adulte face à son auditoire. Cette image est nécessairement négative.


Afii ?

Anjek !

N. Elé é nga tele tate nseñ : so’o si, tine yôp ?
Un arbre se dressait sur la cour de mon père, les feuilles en bas, les racines en l’air
E. Jôé
Le nez

Commentaire : Le nez est planté au milieu de la figure, il donne l’impression d’être un arbre renversé dont l’extrémité (la base du nez) est orientée vers le bas et le bout (les racines) vers le haut.


Afii ?

Anjek !

N. Mone étun évo’o a mane wo boté mveñ mbé si ?
     Un petit bout de balai se mouille sous la pluie au pas de ta porte

E. Abôm soñ
    Le monticule qui caractérise une tombe.

Commentaire : Le lien est ici important : la tombe se plaçait effectivement au pas de la porte. Le rapport entre le balai (qui sert à enlever la saleté et la tombe n’est évident que dans la mesure où si celle–ci se mouille sous la pluie, cela signifie qu’on ne s’en sert plus, au même titre que le mort qui se trouve sous le sol, subissant certainement les mêmes intempéries sans pouvoir réagir.


Afii ?

Anjek !

N. Elé énga tele tate nseñ : mintyaé mi bôma’an si ése ?
Mon père avait un arbre dans sa cour et dont les branches remplissaient toute la terre.

E. Avuman
La parenté

Commentaire : Chez les Bulu, la parenté a une signification très importante, parce que liée au principe de l’exogamie. En effet, tous ceux qui sont issus d’un même ancêtre éponyme ne se marient pas entre eux et entretiennent des liens de fraternité comme si tout le monde était issu de la même mère. Il en est ainsi de tous ceux qui sont Biyeñ, Ndoñ, Yévôl ou Esawo et qui, à l’intérieur de ces clans, se reconnaissent comme frères et sœurs ou enfants des ancêtres respectifs : Ntôlô Akônô (Biyeñ), Ebolaze Nduan ou Ossom Eva Mvu (Ndoñ), Otye Nkômô Zenge ou Ekotô Obam Mfu’u (Yévô). Comme on le voit, les membres du clan habitent des villages qui peuvent être géographiquement très éloignés les uns et les autres, mais n’en pratiquent pas moins le principe sacré de l’exogamie.


Afii ?

Anjek !

N. Alen te kate bikañ
    Le palmier n’a pas assez de porter les régimes de noix de palme ?

E. Nnôm fam te kate mejô
    L’homme courageux n’esquive pas les palabres


Afii ?

Anjek !

N. Soñ bekôé éne nsa’ôsôé ?
     Le tombeau des pygmées est toujours au bord d’un cours d’eau

E. Ebé ébôbolo
    Trou dans lequel on entrepose les tubercules de manioc qui plus tard, serviront à préparer les bâtons de manioc.

Commentaire : La préparation des bâtons de manioc nécessite une première phase de ramollissement dans l’eau, après laquelle on retire les tubercules en leur enlevant la coque et en les lavant proprement pour les pétrir par la suite et confectionner des pains de manioc qui, cuis, deviennent des bâtons de manioc.


Afii ?

Anjek !

N. Mon ônon anga suu metyi ndik ?
      Un oiselet a pondu un œuf sur une ligne

E. Atoé mveñ
     Goutte de pluie


Afii ?

Anjek !

N. Miel wo faé étyiti’i ajom ?
     Le clair de lune éclaire le bosquet d’anômes

E. Efumulu kabat
   Un mouton tout blanc


Afii ?

Anjek !

N Betek nkôl ô fate zôm ?
    Hisse–toi sur la colline si tu veux cueillir le nouvel épinard

E. Kelek abôk ô yene mimbeñ
    Vas à la danse si tu veux voir les beautés

Commentaire : C’est à l’occasion des cérémonies de danse qu’on appréciait la beauté corporelle et gestuelle des danseurs et des danseuses.

  
   Afii ?
   Anjek !
N. Wé ka ba ka a jé ?
     Tue le pangolin, avec quoi le nettoyer ?

E. Wé ka ba ka a mendim meyoñ
Tues le pangolin, dépèce–le avec de l’eau chaude

   
Afii ?
Anjek !
N. Mbési nnôm ?
    La cour d’un (e) vieux/vielle

E. Te tebe akôle môt,  ve akôle kabat
    On ne voit pas les traces d’un personne, mais les traces d’une bête

  
  Afii ?
   Anjek !
N. Tate anga loñ nda teke vom ba fané mbaé ?
Mon père a construit la maison sans prévoir où accrocher la spatule

E. Ebé
   Le trou


Afii ?

Anjek !

N. Tit éne si nyô é bili abo da ?
      Il existe sur cette terre un animal à une seule patte

E. Vio
     Le champichon

   
Afii ?

Anjek !
N. Ngata ngata minloñ, Ngata ngata mindi ?
    Nœuds de rotins, nœuds de lianes ?

E. Tite minlak te nyine mbil !
    L’animal à cornes n’entre pas dans un terrier.

Commentaires : Dans la foret, beaucoup d’animaux pour se protéger ou simplement pour se reposer, s’introduisent et vivent dans des terriers. Parce que les cornes sont encombrantes, elles ne peuvent pas permettre à l’animal qui les porte d’y entrer.

Moralité : Distinction des fonctions et des rôles joués par les êtes.

    
Afii ?
Anjek !
N. Elé jaku mekaé toyini môs ?
     Un  arbre  fait tomber mille feuilles par jour

E. Ntofik
Le bambou de Chine

  
Afii ?
Anjek !
N. Tate anga bé élé j’aku mendek me olobinda ?
Mon père a planté un arbre qui produit les bouteilles de parfum

E. Fio
 L’avocatier


Afii ?

Anjek !

N. A butu zen beti ?
     Il est couché à plat ventre sur le chemin qui mène chez les Beti ?

E. Ekô’ôla komen
    La coque de noisette

Commentaire : L’image qu’on donne ici renvoie à un être humain qui serait affalé sur le ventre, vaincu par quelque maléfice. Le chemin des Beti n’est pas ici une pacifique lorsqu’on s’en tient au bellicisme d’antan  entre différentes communautés ethniques.


Afii ?

Anjek !

N. Esa taté minsañan minsañan ?
     La progéniture de mon père a les corps tout ciselés

E. Kaé meseñ
     Feuille de parasolier

Commentaire : Les feuilles de parasolier donnent l’impression d’être coupées. C’est une caractéristique visible qui suffit à les identifier parmi d’autres feuilles d’arbres.


    Afii ?

   Anjek !
N. Li ne viu, li ne zôñ/Yôp ne zôñ si ne viu ?
     Le haut est très rouge et le bas très noir

E. Ekañ/Mvin
    La noix de palme

Commentaire : La noix de palme a deux couleurs : le bout qui s’incrustre dans le régime est rouge et l’autre côté tourné vers l’extérieur est noir.


    Afii ?
   Anjek !

N.  Bia Tate bi nga ke be Meyo me Benga, bi tyi’i ndi zen, éyoñ bi nga bulan, a zu koane ndi ô latebaneya ?
    Mon père et moi sommes allés chez Meyo me Benga, en chemin, nous avons coupé une racine  que nous avons retrouvée entière au retour de notre expédition.

E. Nnoñ suluk
    La colonne de fourmis–soldats.

Commentaire : Si on essaie d’interrompre la progression des fourmis–soldats en tentant de « couper » la colonne qu’ils forment, celle–ci se reconstruit quelque temps après et elles reprennent leur progression normale. Il s’agit là d’un phénomène observable lors du déplacement de ces insectes dont la particularité est cette capacité à aller toujours vers un point fixe sans en être détourné par quoi que ce soit.


    Afii ?

   Anjek !
N.  Bia tate bi nga ke be meyo me Benga ; be wôé bia kup bi ja’ak, bi wu’a bives andil. A viane vô’ôlô na « kokolééko » ?
  Mon père et moi sommes allés chez Meyo me Benga ; on nous tua un coq que nous mangeâmes  en croquant des os que nous jetions sur le toit. A peine avions–nous fini de manger que nous entendîmes du haut du toit le coq chanter : « kokolééko ».

E. Nnôm kup beyem b’adi ngbwel
    C’est le coq que les sorciers ont mangé dans leur séance de sorcellerie.

Commentaire : Il s’agit d’un coq mystique


    Afii ?
   Anjek !
N. Bia tate bi nga ke be Meyo me Benga, nye a tyii li, me’e ma tyii li, jé énga taté kui/tabe si ?
     Mon père et moi sommes allés chez Meyo me Benga, il partit d’un côté et moi de l’autre. Qui arriva le premier ?

E. Abin
    Le scrotum (les bourses)

Commentaires : Nos ancêtres n’avaient pour tout vêtement que leur cache–sexe. En s’asseyant, les hommes étaient obligés de tenir compte de leurs bourses, étant donné qu’ils étaient pratiquement nus. Cette énigme signifie que c’est par le derrière qu’on s’asseoit et sans quelque chose qui les retient, ce sont les bourses qui arrivent les premières.


   Afii ?
   Anjek !
N. Bia tate bi nga ke be Meyo me Benga. Nye a tyii kindik me’e ma tyii ôsôé ; a ke kui na : nye mendim mebo, me’e mebo minkôt ?
    Mon père et moi sommes allés chez Meyo me Benga, lui, en passant par la rive et moi dans l’eau.  A l’arrivée, il avait les pieds mouillés et moi les pieds secs.

E. Abôp
    L’araignée


Afii ?

Anjek !

N. Bia tate bi nga ke be Meyo me Benga, nye a tyii li, me’e ma tyii li ; a viane vô’ôlô na : nyooook ?
Mon père et moi sommes allés chez Meyo me Benga, tandis qu’il passait par ici, moi je passais par là, puis un bruit de frottement se fit entendre : nyooook.

E. Bilé bia siñelan
Entrecroisement de deux arbres


Afii ?

Anjek !

N. Bia tate bi nga ke be Meyo me Benga, tit be nga wôé bia, be ba je a ôvôn ?
     Mon père et moi sommes allés chez Meyo me Benga, l’animal qui nous y fut offert ne fut dépécé qu’à la hache

E. Nja’a
     Le bois mort


Afii ?

Anjek !

N. Bi lôtok, ze ke é solô ?
Nous passons, le léopard est caché

E. Nselek
    Le sable


Afii ?

Anjek !

N. Asañ ékon nga Etubu ?
Le régime de plantain de l’épouse d’Etubu

E. Kup é bô’ô metyi yôp
La poule couve les œufs


Afii ?

Anjek !

N. Nga tate anga nyoñ abum mbien ?
     Une épouse de mon père a conçu à partir du mollet.

E. Osun
     La mouche à filaires

Commentaire : Il s’agit de représenter les dégâts causés par cette mouche qui, en se posant sur une partie du corps de l’homme dont elle suce le sang, se retrouve donc repu comme une femme enceinte.


Afii ?

Anjek !

N. Ayôm anon d’aso afan akôé, wuna mefap mefap, wuna ve abas abas, wu, anyu ne tyôk ?
Des oiselets viennent du versant nord de la forêt : celui–ci n’a plus que des plumes, celui–là rien que les plumes de la queue, le dernier le bec tout rouge ?

E. Minsoé bitôñ
     Les noix de palme


Afii ?

Anjek !

N. Tit éne afan muna be lo’ene je na : lumuk ?
Un animal est dans cette forêt, on l’appelle : pique.

E. Akok
Le rocher


Afii ?

Anjek !

N. Atoo vôm wua a kele’e minlôman ?
Assis, il exécute des commissions.

E. Nkul
Le tam–tam


Afii ?

Anjek !

N. Olam Nkeñ, ngolo’o Biwôñ bi Ngoé ?
     Le piège à Nkeñ, le déclencheur à Biwôñ bi Ngoé

E. Eyo abo, mintaé nlem.
Epine au pied, élancement au cœur


Afii ?

Anjek !

N. Nga tate anga ke biaé ntute yôp ?
Une épouse de mon père a accouché du haut d’un buisson

E. Akondon ngon
La courge


Afii ?

Anjek !

N. Be kusa wua ôsôé teke’e dim ?
On a beau le jeter dans l’eau il ne s’éteint pas

E. Nsoé mvin
La noix de palme

Commentaire : Elle ne perd pas sa couleur du fait qu’elle a été plongée dans l’eau.


Afii ?

Anjek !

N. Mone ôngot fa Messi me Nkônda, ve Nkônda émien ?
La vieille petite matchette de Messi me Nkônda n’est que Nkonda lui–même

E.  Etye’e nnôm te kandan zôñ
     La molaire de la vieille femme n’est que tartre.


Afii ?

Anjek !

N. Okpweñ, mone kal nloñ, anga bo te kandan ékate minloñ tyiñ ?
Le lièvre, neveu du rotin, ne peut se déplacer sans sa couronne de lianes autour du cou

E. Ebak
La houe.


Afii ?

Anjek !

N. Beta môt ane nkukuma Effa Ekotto, teke’e njit akpwasa ?
Un Chef célèbre comme Effa Ekotto, pas de fétiche sur son chasse–mouches.

E. Beta osôé ane mañ, teke’e atin zam
Un immense cours d’eau comme la mer, sans aucune tige de palmier raphia.


Afii ?

Anjek !

N. Bon b’anon baso afan akôé wuna ve abas abas, wu ôvok ve mefap mefap, mvokuma wua mebo ébu ?
     Des oiselets viennent du versant nord de la forêt, celui–ci n’a que les plumes de la queue, cet autre n’a que les ailes, un moineau possède neuf pattes à lui tout seul.

E. Ôsé vio
Les champignons


Afii ?

Anjek !

N. Ndi’i wua ônga yametan ngumba afan ?
Une seule liane a couvert la totalité de la forêt

E. Ňya wua ônga yametan ngum abum
Un intestin a couvert tout le ventre.


Afii ?

Anjek !

N. Nga tate anga ke biaé ésaé yôp ?
Une des femmes de mon père a accouché au–dessus d’un buisson.

E. Abok
     Le potiron


Afii ?

Anjek !

N. Beyal be tate bese mebum mebum ?
Toutes les épouses de mon père sont enceintes

E. Mekondon me ngon
Fruits de courge

Commentaire : Cette image provient certainement du caractère arrondi de ces fruits qui ressemblent au ventre ballonné d’une femme enceinte.


Afii ?

Anjek !

N. Be bibi a bamé ?
On frappe, il y a du bruit

E. Okaé kôn
Feuille marantacée


Afii

Anjek

N. Ekon ya asiliki nkô, nge sa fom, nkelmvendé ?
Le bananier du versant de la colline : s’il n’a pas de fourmis, il a des guêpes.

E. Bengon ya mbama : nge be se mfop, be ne minal ?
Les jeunes filles du harem : à défaut d’être des commères, elles sont menteuses.

Commentaires : Les femmes en général étaient accusées en milieu bulu traditionnel, de véhiculer des informations de natures diverses dont beaucoup n’étaient ni vérifiables ni fiables. La tranche d’âge des adolescentes était particulièrement visée. L’homme devait se démarquer de ce type de comportement par la vérité et la fermeté de ses propos, parce qu’il était le garant de la vie dans la communauté. Il devait par conséquent se différencier de la légèreté des propos dont on accusait la femme.


    Afii ?
   Anjek !
N. Obebé kômôtô kômôtô ?
La petite marmite est toute cabossée

E. Etyek nnôm
La molaire d’une vieille femme


    Afii ?
   Anjek !
N. Kpwapsi kpwapsi ?
Il tombe par terre

E. Obak mvu
La culture du chien.

Commentaire : Le chien ne peut jamais tomber parce qu’il a heurté son orteil quelque part au sol ou sur un obstacle.


    Afii ?

   Anjek !
N. Alum alum anga lum mvus nduan ?
Depuis qu’il a tourné le dos au feu

E. Etañ
La claie

Commentaire : La situation de la claie au–dessus du feu a donné lieu à quelques caractéristiques : on la présente comme neveu du feu (étañ mone kal nduan : la claie est le neveu du feu). Ici on l’anthropomorphise au point de lui trouver une position par rapport au feu : elle lui tourne le dos.


 

Afii ?
   Anjek !
N. A to vôm wua a kele’e minlôman ?
Etant assis sur son céant, il effectue des commissions.

E. Nlem
Le cœur

Commentaire : La pensée est localisée chez les Bulu anciens non pas à la tête mais au niveau du cœur ; c’est celui–ci qui prend les décisions, qui délibère. Pour nos ancêtres, le cœur était le véritable centre de la réflexion, la tête n’étant que le siège des fonctions de voir, entendre, goûter, sentir. En général, les yeux, la bouche, les oreilles et le nez jouent des rôles qui ne nécessitaient aucune réflexion.


    Afii ?
   Anjek !
N. Bisi’i bibaé bi nga bele ngumba viek ?
Deux tisons ont réussi à faire cuire la nourriture d’une marmite.

E. Mebé mebaé me nga nyia ngum mon
Deux mamelles ont suffi à faire grandir un enfant.

Commentaire : L’allaitement suffisait dans la plupart des cas à élever un nouveau–né. En effet, une femme qui allaitait un enfant le faisait jusqu’à ce que celui–ci ait 18 voire 24 mois.


    Afii ?
   Anjek !
N. Bongô b’abo bivôé ébol mbama ?
Des gosses s’amusent sur la cour d’un vieux village polygamique.

E. Bon be kos b’abo bivôé ébol mie’e
De petits poissons s’amusent près d’une vieille digue.


      Afii ?
     Anjek !
N. Bômbô a yeme ôbé ?
     Le pain de maïs a rempli ma marmite.

E. Nsot ô yeme mvel.
    Le pénis a rempli le vagin.

C’est l’acte de copulation entre l’homme et la femme.


    Afii ?
   Anjek !
N. Asu é faék, nlem ne viu ?
     Le visage luit tandis que le cœur est noir (triste)

E. Eyôé mvin
La tristesse de la noix de palme

Commentaire : Nous sommes en présence d’une amande qui présente deux couleurs distinctes : le rouge, couleur gaie et qui resplendit ; le noir, couleur sombre et triste. D’où la contradiction des couleurs et des sentiments auxquels elles renvoient.


    Afii ?
   Anjek !
N. Ngumba nlam, binga bese be be’e bone mvus ?
Dans tout un village, toutes les femmes portent des enfants sur le dos

E. Afup fôn
Le champ de maïs


      Afii ?
      Anjek !

N. Bute but nko’o si, bute but nko’o yôp ?
Velours sous le tronc, velours sur le tronc

E. Bone be Ze
Les petits du léopard


    Afii ?

   Anjek !
N. Bekôn b’awua mekôk ôsôé yat ?
Les fantômes jettent les cailloux de l’autre côté de la rivière.

E. Asenge kômen
La noisette

Commentaire : La tombée des noisettes a toujours été assimilée par les jeunes enfants à un cadeau des ancêtres à l’endroit de leur progéniture. Etant donné que les fantômes sont dans l’au–delà, les noisettes proviennent de l’autre côté du monde des vivants.


Afii ?

Anjek !

N. Etute kabat Mekulu m’Oba’a : toñ aboñ ?
Le bouc de Mekulu m’Oba’a : la corne jusqu’au genou.

E. Eso’o nkôk
Bouture de canne à sucre


    Afii ?

   Anjek !
N. Awu kindik, a jambe zam ?
     Mort sur la rive, on l’enterre au milieu des palmiers raphias

E. Ebôbolo
Le bâton de manioc

Commentaire : Les tubercules de manioc arrachées du sol sont ensuite immergées dans l’eau pour qu’elles se ramollissent avant d’être extraites pour subir un traitement propre à en faire des saucissons de manioc.


Afii ?

Anjek !

N. Ba’ate ba’ate, ékum alen ?
Il est collé à la souche de palmier.

E. Ndan fô
L’écureuil


Afii ?

Anjek !

N. A ke a wua abo mbate mbat ?
Il lance la patte à travers toute la berge

E. ôngos.
La crevette

Commentaire : La crevette se déplace en lançant presque ses pattes effilées.


Afii ?

Anjek !

N. Bute but, Mba Tombo ?
Mba Tombo ressemble à du velours

E. Menyeñ me fôn
     Les épis de maïs

Commentaire : Ceux–ci ont des filaments qui poussent et débordent au–dessus de leurs extrémités supérieures, donnant l’allure d’une chevelure soyeuse, douce comme le velours.


Afii ?

Anjek !

N. Esa tate mintui mintui ?
La progéniture de mon père est dans un piteux état.

E. Mekondon me ngon
Les fruits de courge

Commentaire : Les fruits de courge avant la cueillette peuvent être amenés à pourrir sans que les graines à l’intérieur se gâtent nécessairement. De plus, lorsqu’on trouve ces fruits de courge posés par terre dans tous les sens, on a l’impression de se retrouver dans un champ abandonné.


Afii ?

Anjek !

N. Nda énga to nane te atum te ésu ?
La case de ma mère n’avait ni tête ni queue

E. Atyi kup
L’œuf.

Commentaire : La forme de l’œuf ne permet pas de savoir où en est la fin et où en est le commencement, comme il en serait d’une case traditionnelle avec sa configuration ci–après

Atum : le haut, la tête
Esu : le bas
Za si : l’espace libre dans la case


      Afii ?

     Anjek !

N. Beta bifôfôp/Beta bifebeka’a mekaé mebaé ?
Deux énormes feuilles géantes

E. Yôp ba si
Le ciel et la terre

Commentaire : Les anciens représentaient le ciel et la terre comme des feuilles d’arbre placées l’une (le ciel) au–dessus de l’autre (la terre)


Afii ?

Anjek !

N. Feneka’a kum ?
La culbute qui retentit : kum !

E. Nneñ abi
     Les excréments humains

Commentaire : Les W.C. du village se présentaient et se présentent encore comme des trous creusés. Au moment où l’on défèque, les excréments tombent au fond du trou en produisant un bruit mat : kum.


    Afii ?

   Anjek !
N. A butu zen beti ?
     Il est couché à plat ventre sur la route des Beti

E. Eko’ola kômen
La coque de la noisette


      Afii ?
     Anjek !
N. Otita wo kui nko’o si ?
La fumée sort sous le tronc d’arbre

E. Ebon kal ba ndôm
L’inceste entre frère et sœur

Commentaire : La fumée est un signe qu’il existe un feu qui couve quelque part. Il s’agit par conséquent de choses détournées, qui prennent des chemins contournés.


    Afii ?

   Anjek !
N. Elé é bu’i, é jombô é li’i bewo’o be tyetyelan mintyaé ?
Un arbre qui se brise, se penche d’un côté et laisse les chimpanzés accrochés aux branches.

E. Môt a wui a li’i minkus
L’homme meurt et laisse des veuves

Commentaire : L’homme marié ne meurt jamais inutile. Il laisse tout de même des traces derrière lui : les veuves et les orphelins.


    Afii ?
   Anjek !
N. Tit éne afan mu te kui metyi ?
Il y a un animal dans cette forêt, on le blesse mais jamais il ne saigne

E. Nsa’ékon
La banane blette

Commentaire : Il n’y a pas de sève dans les fruits de la banane blette


    Afii ?
   Anjek !
N. Ku ku ku, Bikula’abô’ô ?
Ku ku ku, Bikula’a couve

E. Atin zam da mineñ awôm
Une seule tige de raphia porte dix branches


Afii ?

Anjek !
N. Ye zok j’amane wo boé falak te wô’ényume ?
Un éléphant pourrit derrière ta maison sans que tu en sentes l’odeur ?

E. Nneñ atu
Les ramifications du taro


Afii ?

Anjek !
N. Obe’e mimbim a bôm ngom nteme dum yôp ?
     Le milan joue du tambour sur la branche du fromager

E. Ôkaé ékon
     Une feuille de bananier


Afii ?

Anjek !
N. Mone étun môt a bete nkôl, éduduk a mise mese ?
Un homme de petite taille gravit la colline, le corps couvert de sueur.

E. Nde’e mbon
Une bouteille d’huile


Afii ?

Anjek !
N. O tyi’ékum, ô yetan ékum ; y’ône yetan ékum abangak ?
Tu coupes une souche, tu la tailles, mais peux–tu tailler la souche de l’iroko ?

E.  Ye ône tyi’i nté môt ?
Peux–tu réduire la taille d’un homme ?


Afii ?

Anjek !
N. Je’e jek, atine zoñ si ?
Je’e jek, sous la tige d’aubergine

E. Ngbwel bongô
La sorcellerie des enfants.


Afii ?

Anjek !
N. Etute kabat Ekôme Mba, ébame va be wô’ô Ndangeñ ?
Le bouc d’Ekôme Mba, s’il bêle ici, on l’entend à Ndangen.

E. Zo’oyañ
Le tonnerre


Afii ?

Anjek !
N. Môt éziñ ane jale di, éyoñ a ke dulu a to anen, éyoñ a ke so a maneya kôt ?
Il y a un habitant de ce village, lorsqu’il va en voyage, il est bien portant, au retour il est maigre.

E. Eyam nkôk
Le résidu de tranche de canne à sucre

Afii ?
Anjek !
N. Elé énga tele tate nseñ, mbet wua ve Nna ?
Un arbre était planté au milieu de la cour de mon père, la seule personne qui y grimpait était Nna.

E. Otita
La fumée


    Afii ?
   Anjek !
N. Si ne walat, Yôp ne kpwimgbwim ?
E. Ôkaé kôn


Afii ?

Anjek !
N. Jôm éziñ éne si nyô ja lu bôt minlô si ?
Il y a une chose sur la terre qui fait courber les gens

E. Nvuan
La poire


    Afii ?

   Anjek !
N. Tit étan, kos étan ye ô ne mane ?
Cinq animaux, cinq poissons, peux–tu finir ?

E. Ve mane mane !
     Je peux finir !

N. Za titi ?
Quel animal ?

E. Ngôm
Le porc–épic

N. Za kosô ?
Quel poisson ?

E. Ngol
La silure

N. Za titi ?
Quel animal ?

E. Sô
     L’antilope

N. Za kosô ?
Quel poisson ?

E. Mvas

N. Za titi ?
Quel animal ?

E. Ôkpweñ
Le lièvre

N. Za kosô ?
     Quel poisson

E. Mva’a
      La carpe

N. Za titi ?
Quel animal ?

E. Kôé !
Le singe !

N. Za kosô ?
Quel poisson ?

E. Ôngoñ

Batot Afii–Anjek nyô avol, nge wo yi na bivôé bite bi bo abeñ, te jôé môt a yalan abui éyoñ
Pour que cette Devinette soit attrayante et animée, le rythme doit être accéléré, poser la question et ne pas donner beaucoup de temps au joueur, juste le temps de donner le nom de l’animal et du poisson. On ne réfléchit pas longtemps. Il consiste à répondre machinalement aux questions.

 

Afii ?
Anjek !

N. Tit étan, kos étan ye ô ne mane ?
E. Ve mane mane !

N. Za titi ?
Quel animal ?
E. 

N. Za kosô
Quel poisson ?

E. 

N. Za titi ?
Quel animal ?

E. 

N. Za kosô
Quel poisson ?

E

N. Za titi ?
Quel animal ?

E. 

N. Za kosô
Quel poisson ?

 

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