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Kribi aura son port en eau profonde à l’Horizon 2013 ; réunions d’harmonisation des points de vues dans la concrétisation du Projet et tables rondes se multiplient

   

On en parle depuis des décennies ; mais l’idée a fait du chemin. Et c’est presque certain, Kribi aura son port en eau profonde. Le port de Douala aux eaux moins profondes aurait connu pour son dragage un investissement supplémentaire que les ports de même nature ne connaissent  pas en Afrique. Réunions et tables rondes se multiplient dans la concrétisation de ce projet dont les études de faisabilité ont été réalisées en 2005. On notera ces derniers jours une réunion d’harmonisation des points de vue fin mars début avril. Et du jeudi 08 au vendredi 09 mai, deux jours à l’Hôtel Hilton de table ronde  organisée par le Gouvernement camerounais ont permis de faire connaître le projet d’une part grâce à la présence de beaucoup d’investisseurs et d’opérateurs invités, de voir les adaptations éventuelles à proposer à la hiérarchie d’autre part à la suite des critiques et remarques faites compte tenu du décalage avec la période où les études de faisabilité ont été conduites, sans toutefois en recommencer une de plus, alors que plusieurs se sont succédées, et qu’il est temps d’avancer ; il était en troisième lieu question d’apprécier les manifestations d’intérêt.

Five membres du Gouvernement à savoir Essimi Menye des Finances, Bernard Messengue Avom des Travaux Publics, Badel Ndanga Ndinga des Industries, des Mines et du Développement Technologique, Gounouko Ahounaye des Transport et Louis Paul Motaze de l’Economie , de la planification et de l’Aménagement du Territoire ont présenté des exposés quant à ce projet à la lecture des Départements dont ils ont chacun la charge.

Le Financement d’un Projet de plus de 500 milliards de FCFA

Comment le Cameroun compte–t–il financer le projet estimé à 280 milliards de FCFA en lui–même et dont les 500 km de routes envisagées pour plus de rentabilité nécessiteront environ 300 milliards de FCFA ? Un des centres d’intérêt de cette table ronde et d’autres qui suivront résidait là, à travers es différentes manifestations d’intérêt des uns et des autres.

On a vu par exemple M. Xu Jifei DGA du Groupe China National Electric Equipment Corporation souscrire un engagement éventuel pour ce qui est de la construction d’infrastructures fort de son expérience dans ce domaine ayant justement participé à celle d’un port dans une ville au Nord de la Chine. La China National Electric Equipment Corporation pourrait y mettre jusqu’à 200 millions d’Euro (environ 131 milliards de FCFA). Ainsi également il sera déterminé après, ceux qui sont prêts à contribuer pour son fonctionnement.

Selon les responsables camerounais à cette table ronde organisée à l’hôtel Hilton, les manifestations ont donné pleinement satisfaction. Bien que formelles, le Ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire se fera rassurant. « Il y en a même qui sont prêts à tout financer en proposant le B.O.T. (Build–Operate–Transfer). Ils construisent, gèrent et transfèrent les infrastructures à l’Etat » confiera–t–il à la presse. Le Ministre des Travaux Publics donnera une idée des routes principales à construire ou à réhabiliter liées au projet ; il s’agit notamment des axes Kribi–Yaoundé–Ngaoundéré–Ndjamena au Tchad ; Kribi–Yaoundé–Bertoua–Bangui en République Centrafricaine, Kribi–Ebolowa–Sangmelima–Mintom–Ouesso–Brazzaville en République du Congo, et Mintom–Nola–Bangui en République Centrafricaine–Kisangani en République Démocratique du Congo ; M. Messengue Avom rappellera que le projet de constructions de la route Yaoundé–Pont Olama appelé à rallier Kribi est en construction ; les travaux étant exécutés à 50 %. « Les études de faisabilité vont se faire cette année et la recherche des financements lancée pour les autres projets » poursuivra–t–il avant d’ajouter que « beaucoup de bailleurs sont favorables au projet de route Kribi–frontière Congo ».

Lorsqu’on aura apprécié cet apport additionnel de financement extérieur, on évaluera la contribution qu’il faut pour le Cameroun. Le Ministre des Finances Lazare Essimi Menye indiquera pour ce propos que « si nécessaire, l’Etat se tournera vers la bourse de Douala ». Les emprunts obligataires étant « des instruments de financement qui permettent sur un terme de prendre de l’argent et de rembourser après ».

On le voit donc, le gouvernement est bien fixé sur la réalisation de cet ambitieux projet dont le constant besoin du Cameroun d’un port en eaux profondes pourra être satisfait.

Son impact

Ce projet contribuera à développer certainement toute la ville de Kribi ; mais il sera à coup sûr un des atouts comme pour Douala aujourd’hui, de la croissance économique du Cameroun, il entraînera la création d’emplois et des investissements divers. On parle d’un taux de rentabilité interne entre 11,5 et 16,3 % pour un bénéfice économique actualisé de 101 à 406 millions d’Euros (de plus de 66 à plus de 266 milliards de FCFA) sur 30 ans. On ne saurait oublier les 400 km de voies ferroviaires qui s’ajouteront au réseau camerounais pour l’évacuation de l’exploitation de fer de Mballam à l’Est pour Kribi et du développement des exportations des minerais tels qu’ils ont été brièvement recensés par M. Badel Ndanga Ndinga, Ministre des Industries, des Mines et du Développement Technologique dont les 900 millions de tonnes de fer de Mballam justement ou la réserve dans l’ordre du milliard du même minerai à Kribi, le gisement de diamant estimé à 750 millions de carats dans la Boumba et Ngoko, le cobalt dans la région de Lomié toujours à l’Est, l’uranium dans les régions de Poli dans le Nord et de Lolodorf dans la Province du Sud, or, bauxite, nickel, une liste loin d’être exhaustive et qui ne tient compte des résultats des nombreuses autres recherches lancées grâce aux 60 permis accordés ; comment passer sous silence par de là cette évacuation des minerais, l’installation d’unités industrielles dans le conglomérat portuaire de Kribi, lesquelles procèderont soit à la transformation des matières premières en produits finis ou semi–finis avant de les exporter. Il y a aussi les projets d’investissement en énergie à travers barrages hydroélectriques et centrales thermiques.

Le port en eau profonde de Kribi pourrait permettre de mettre en place une chaîne industrielle au Cameroun avec exportation des minerais, leur transport, leur transformation, les exportations vers les filières d’utilisation dans les usines étrangères. On pourrait assister éventuellement à la délocalisation de certaines firmes au Cameroun. Véritablement la possibilité pour le Cameroun de rattraper le déséquilibre de sa balance commerciale est grande.
Dans la sous–région un équipement portuaire au large pour les containers et les transbordements aussi bien qu’une plate forme de distribution des biens et des marchandises desservira celle–ci du Sénégal (en Afrique de l’Ouest),  en Namibie (en Afrique Australe). Il s’agit de mettre en valeur un couloir d’exploitation et de développement qui s’étendra de Kribi au Cameroun aussi bien qu’à Bangui en RCA, Kisangani (en République Démocratique du Congo),, en Guinée Equatoriale, au Gabon et au Congo–Brazzaville.

Deux principaux trafics caractériseront son activité : celui commercial ou des marchandises, essentiellement des produits industriels, des containers, du bois, des hydrocarbures et des céréales mais aussi celui des navires et autres bateaux et bâtiments.

En somme, l’importance de ce port en eau profonde de Kribi au Sud de Grand–Batanga, n’est plus à démontrer et il pourrait être fonctionnel en 2013 dans les prévisions du Gouvernement camerounais. Ce ne sera pas un port concurrent apprend–t–on à celui de Douala, ni à celui de Limbé, au contraire il se veut complémentaire à ces deux autres. Encore que la concurrence ne serait pas une mauvaise chose si les rentabilités étaient maximisées ici et là à l’optimum.

 
 

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