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Les Camerounais et les Opérations Eperviers pour l’assainissement dans la gestion des finances et biens publics : l’appel aux valeurs nobles d’éthique de morale et de patriotisme

   

Voici quelques conversations ou réactions notées ici ou là au Cameroun depuis l’opération d’assainissement dans la gestion des finances et biens publics ;  à l’arrestation ou à la condamnation des uns et des autres. « Pourquoi X…..  Est–il le seul ? », « Qui ne vole pas parmi ces gestionnaires du régime Biya ? Il faudrait alors arrêter tout le monde ». « Pourquoi n’arrête–t–on pas Y… ou Z…. ? » désignant ainsi deux anciens membres du gouvernement originaires du même département et même du même arrondissement que le Président camerounais « les ressortissants de telle région en colère après la condamnation de tel….. » peut–on lire dans une presse.

A la suite d’une discussion portant sur l’arrestation d’une ancienne personnalité du régime entre deux citoyens dont l’un est natif de la même contrée et du même clan que l’ex–Ministre en question, le débat finit pratiquement sur un ton de querelle : « Tu es qui ? Tu es quoi ? Un vaurien ! Tu viens parler de X… Tu le vaux ? Il te dépasse de très loin. Même les arrières  fils des petits–fils des arrières–arrières–petits–fils des fils de ce X… te dépasseront et seront toujours à l’abri du besoin, pauvre misérable ! ». Ou encore « C’est notre frère, il nous faisait beaucoup de choses, donnait du travail à nos enfants, donnait à manger aux gens dans tout le village ». En quoi notre frère a–t–il pêché ? La chèvre broute là où elle est attachée.

Des réactions aussi curieuses les unes que les autres. On pense à tout sauf à l’essentiel. Et dire que ça prétend être une nation ! Et ça revendique être une démocratie ou tend vers elle. Et ça se plaint de l’Etat de droit chaque jour ! Voilà comment les uns et les autres entendent construire ce Cameroun qu’ils prétendent leur être cher. Cette « Chère Patrie, Terre Chérie », leur « Seul et Vrai bonheur » et à qui jurent chaque jour « L’Amour et le Grand Honneur ».

Un problème d’Ethique et de Morale

Sur le plan éthique et moral aussi bien dans la famille que dans la société, voler est mauvais. Personne ne peut moralement être fier de voir son enfant commencer à s’adonner à une activité aussi ignoble et le prendre de gaieté de cœur, à moins d’être lui–même voleur et encore qu’en l’étant, on rêve d’un avenir de vertu pour ses enfants. Aussi, en général le parent qui décèle très tôt une telle déviation de la part de sa progéniture, engagera à coup sûr un combat contre un tel vice d’une manière ou d’une autre. Aux yeux de la société un tel dérapage est également corrigé sur un multiple plan aux moyens de droit adéquats et même par des méthodes appropriées et idoines.

Dans les familles croyantes, cette infamie est un pêché grave. Alors on ne saurait comprendre les sympathies avilissantes qu’on pourrait avoir vis–à–vis des voleurs qui qu’ils soient.

Patriotisme et Nationalisme à l’épreuve

En accédant à l’indépendance le 1er janvier 1960, le Cameroun à travers ses fils et filles, a entendu cristalliser une volonté de conscience collective, entretenue par la contribution sociale par le biais de l’impôt comme effort commun aux charges et dépenses dont l’Etat doit faire face dans la poursuite de l’intérêt général. Et il n’avait fait que suivre le pas de tous ceux qui l’ont précédé dans le concert des nations.

Et les paroles de l’hymne national sont sans équivoques sur le patriotisme et le nationalisme qui doivent guider l’action et le comportement des uns et des autres. Pour mémoire, il est dit :

« Que tous tes enfants du Nord au Sud,

De l’Est à l’Ouest soient tout amour

Te servir que ce soit leur seul but

Pour remplir leur devoir toujours….. »

Alors en volant ce Cameroun, doit–on se permettre d’être complaisant vis–à–vis des auteurs de ces crimes à grande échelle, si on en juge par la monstruosité des chiffres dérobés ? Sait–on seulement combien de Camerounais sont assassinés ou plus précisément trouvent la mort de par les effets indirects  de ces sinistres forfaits ? Ou a–t–on idée des conséquences sociales sur les individus, sur des familles ? Sur les structures sociales ? Sans compter le retard pour le développement que prend le pays.

Au nom de l’intérêt général

Le regard que les camerounais devraient porter sur les différentes opérations d’assainissement dans la gestion des finances et biens publics devrait éviter d’être partisan. Qui commet une erreur, une faute, doit l’assumer et éventuellement payer à fortiori lorsque la faute est lourdement gravissime comme dans les cas des détournements des milliards de la sueur des Camerounais en question, et même s’il s’agissait des dizaines de millions éventuellement.

Qu’on transcende donc des ressentiments de basse échelle qui dans un certain contexte, peuvent paraître légitimes. Que soient laissés de côté tribalisme, régionalisme, nombrilisme… : cesser de penser village, clan, tribu, région au nom de l’intérêt général.

Les Camerounais se sont tant plaints de l’impunité dont ont semblé pendant si longtemps bénéficié les fossoyeurs de l’économie nationale. L’heure est venue de faire bloc pour combattre des comportements qui retiennent le pays par le bas en l’empêchant de décoller économiquement.

Les Camerounais de la diaspora à juste titre ne cessaient de tirer sur le régime Paul Biya du fait de ces détournements impunis. S’ils pouvaient alors apporter des indices, des informations pour permettre à l’Etat de récupérer une grande partie de ces fonds à travers les pays, les banques et les paradis fiscaux où cet argent a été dissimulé sous des noms divers, ce serait faire preuve de beaucoup de patriotisme et de nationalisme et cela permettrait au Cameroun certainement de se doter de quelques structures supplémentaires d’intérêt général.

Une seule chose est d’établir la responsabilité des uns et des autres. Alors que la machine soit mise en marche pour faire ce qui est nécessaire vis–à–vis de ces voleurs et assassins insidieux une fois leur culpabilité établie. Qui qu’ils soient. Et aux camerounais de ne pas tribaliser, ni régionaliser, ni politiser le débat. Pourvu que l’Etat et la justice sans complaisance,  traduisent les auteurs, tous, dans les tribunaux. Et déclenchent tout aussi toutes les mesures idoines jusqu’au retour dans les caisses du Trésor Public de l’argent volé.

 

 
 
 

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