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Fête Nationale du 20 mai 2008, Les Camerounais unis dans leur diversité contre vents et marées

   

 

 

Depuis le début des années 90, un débat anime la société camerounaise où se mêlent subjectivité, désinformation, tribalisme, régionalisme pour ce qui est de la participation des uns et des autres à la vie publique du pays et au développement des différents coins du territoire. Ceci a amené qui à demander une forme d’Etat Fédéral, qui d’autres à des revendications indépendantistes et sécessionnistes. Régulièrement à la veille du 20 mai ou à l’approche du 1er octobre de chaque année, en souvenir de la réunification des deux Cameroun britannique et français, les médias internationaux se sont souvent portés l’échos de ces velléités séparatistes, provoquant de ce fait la colère d’une grande majorité de camerounais du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest ne se reconnaissant nullement dans une telle idée. Certes le contexte de cette année est particulier car faisant suite aux manifestations de février contre la vie chère qui ont entraîné une plus grande vigilance pour ce qui est de l’ordre public par les forces de sécurité, mais on remarquera que le 20 mai de cette année s’est déroulé dans la sérénité, les Camerounais ayant communié sans bruits de bottes dans l’allégresse.

Une volonté et une conscience collectives d’unicité

Plus que jamais, les Camerounais ont conscience de leur appartenance à une nation commune. Chacun a peut–être une idée de cette nation, n’empêche qu’ils savent qu’il faut y mettre de la volonté pour la consolidation de celle–ci et de cette unité. Souvent présenté comme une Afrique en miniature, le pays est une mosaïque des peuples, un conglomérat de tribus et ethnies. Les désastres des guerres tribales qui dévastent les pays frères et amis ne les laissent pas indifférents. Ils ont conscience que cette unité est une quête permanente. Aussi les retrouve–t–on cohabitant entre ethnies, ne s’empêchant pas de s’engager dans  des mariages intertribaux, pouvant s’installer ici ou là dans l’ensemble. Le meilleur baromètre pour évaluer ce sentiment d’unité constitue incontestablement leur équipe nationale de football « les Lions Indomptables » qui font la fierté des uns et des autres. Quelques remous ou secousses ébranlent à peine le pays, ils n’hésitent pas à se retrouver dans le cadre d’un culte œcuménique, traduisant ainsi la coexistence pacifique des différentes confessions religieuses vivant en parfaite symbiose et dans l’harmonie. Même les politiques font bloc commun quand il s’agit de l’unité du pays et ne tardent à se désolidariser de ceux qui s’hasarderaient dans un esprit contraire à ce dessein mettant pratiquement hors course les auteurs d’une telle idée dans l’esprit des citoyens électeurs. Ce sentiment d’unité est  encore plus prononcé une fois que les Camerounais se retrouvent à l’extérieur. Aussi c’est avec beaucoup de soulagement que les populations ont accueilli la décision de la Cour Internationale de Justice de la Haye reconnaissant la camerounité de Bakassi dans l’affaire qui a opposé le Cameroun à son voisin de l’Ouest, le Nigéria.

Des disparités évidentes corrigibles dans le territoire

Beaucoup de Camerounais ne connaissent pas de fond en comble leur pays. Il n’est pas rare que l’idée qu’ils se font de tel ou tel coin ne soit bâtie que sur des clichés, et que la connaissance qu’ils ont des autres ne soit que le fruit des préjugés. On assiste ainsi à des situations où certains ressortissants de l’Ouest nés ou vivant à Douala ne connaissent que ces deux Provinces et mélangent volontiers les Provinces du Centre, de l’Est et du Sud en une seule, les assimilant à Yaoundé. Il en est de même des ressortissants du Littoral n’ayant jamais quitté la province natale. On a alors entendu au plus fort de la crise des années 90 des gens dire des choses complètement erronées comme « Paul ne fait rien, mais il envoie tout chez lui » (entendu dans sa Province d’origine), sans savoir que les populations de celle–ci connaissent les mêmes problèmes que leurs concitoyens des autres provinces, et que peut–être ailleurs, les autres soient mieux loties. La longue crise qu’a traversé le pays a paralysé les investissements dans le développement du territoire. Et alors peu d’infrastructures ont pu voir le jour à travers le pays. Pourtant toutes les villes n’ont pas connu la traine de la même façon. Dans le Sud les populations avaint quant–à–elles le sentiment que le Président faisait plus à Bamenda, à Limbé, à Maroua, à Ngaoundéré, à Garoua. Vous trouviez ici qui étaient convaincu que raffermi du soutien naturel du Sud, le Président soignait son électorat dans les provinces qui lui étaient plus hostiles comme l’Ouest, le Nord–Ouest, et même dans une moindre mesure le Sud–Ouest. Pour beaucoup également, il faisait la part belle à l’Extrême–Nord dont les statistiques démographiques des derniers recensements indiquent que c’est la province la plus peuplée et par conséquent que c’était également une façon de faire la cour à l’électorat dans cette partie du pays. Ici et là, bien des Camerounais n’étaient conscients que l’Est, le Sud, le Centre même, étaient aussi enclavés qu’on en trouve des coins dans le Nord–Ouest ou dans le Sud–Ouest. Au niveau de l’emploi, la vérité était loin d’être ce qui était répandu selon lequel il suffisait d’avoir un nom à consonance tribale beti (groupe linguistique du Président Paul Biya) pour accéder à un emploi ou décrocher un concours administratif..

Si bien des irrégularités faisaient partie de la vie quotidienne au Cameroun, l’Etat depuis 1976 à travers un Décret du Président Ahidjo a institué une politique d’équilibre régional pour permettre à tous les Camerounais de se sentir concernés par la gestion des affaires publiques de leur pays, pour avoir la conviction de leur citoyenneté. Cependant les recrutements dans les autres sociétés obéissaient à des considérations de personnes et d’affinités propres, quel que soit le responsable en place et de quelle que tribu qu’il appartienne.
En réalité, les disparités au Cameroun sont si évidentes et objectivement parlé, elles ne visent pas une tribu en particulier. D’aucuns bénéficient de menus avantages ici, mais sont défavorisés là et vice–versa. Mais plus encore, il était question de privilèges par rapport aux cercles d’appartenance. Les proches du pouvoir se retrouvent avantagés, qu’ils soient du Nord, du Sud–Ouest, de l’Extrême–Nord, du Littoral, du Nord, de l’Ouest, de l’Adamaoua ou aussi bien du Centre, du Sud que de l’Est, qu’ils soient de la partie anglophone ou francophone, chrétiens ou musulmans.

Toutes ces disparités méritent d’être corrigées et sont d’ailleurs corrigibles. Dans un souci de renforcement permanent de cette unité, pour un objectif tout aussi de développement, des critères plus objectifs doivent dorénavant guider les choix de l’Etat et celui des hommes

Un Cameroun appelé à des mutations

Le développement au Cameroun est assez complexe. Si les économistes l’apprécient sur la base d’un certain nombre d’indicateurs scientifiques, pour le commun des citoyens, il est fonction tantôt de la qualité de l‘aménagement urbain, de l‘aspect physique du paysage urbain, de l’importance et de la quantité des infrastructures. Fort de ces arguments, à l’accession de l’ex–Cameroun Oriental (français) le 1er janvier 1960, certaines villes comme Douala, Yaoundé, Nkongsamba, Ebolowa et Dschang sont considérés comme des villes et bourgades mieux servies dans cet ordre de choses. Elles seront rejointes en 1961 par Buea et Tiko. Avec la politique de développement autocentré mise en pace par le Président Ahmadou Ahidjo, on assiste au développement simultané d’un ensemble de plusieurs localités d’importances secondaires. D’autres connaissent un ralentissement ; on voit alors l’émergence de Bafoussam, Garoua et dans une certaine mesure Ngaoundéré, Maroua, d’autres villes seront favorisées grâce à des structures industrielles implantées sur leur terroir. Alors que pour d’autres, l’activité économique va jouer un rôle boomerang. La venue de Paul Biya au pouvoir essaiera de donner un coup de pouce aux chefs–lieux de provinces tout en disséminant des structures au gré des besoins ici et à. Et puis viendra la crise économique.

A l’heure où l’économie camerounaise sort peu à peu de son marasme et semble reprendre un certain essor ou tout au moins un souffle nouveau, au moment où le BTP semble gagner en  activités aujourd’hui et que le pays se lance dans ces grands projets de recherche et d’exploitation des ressources naturelles, il est nécessaire que les fruits de la croissance profitent à tous et que la politique de l’aménagement du territoire bénéficie à tout le pays ; c’est l’occasion de saluer ici une fois de plus le projet de dotation d’infrastructures sportives tel que son détail en a été donné à la presse nationale et internationale il y a quelques temps par le Ministre des Sports et de l’Education Physique Augustin Thierry Edjoa, équilibré sur l’ensemble du triangle national. Le pays y gagnera au niveau de son développement certainement ; mais incontestablement cela contribuera davantage à renforcer le sentiment d’appartenance à une communauté commune des uns et des autres et permettra de ne pas se sentir marginalisés, exclus d’une certaine façon.

L’unité nationale en question ne s’en portera que mieux. Les Camerounais dans une écrasante majorité à l’heure des grands regroupements ne veulent nullement prêter le flanc à un démembrement ni à un émiettement, ils demeurent unis dans l’histoire, dans le présent comme au futur, malgré des sirènes de division qui connaissent quelles sont leurs intentions véritables, et qui elles veulent servir en réalité.

 

 

 

 

 

 

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