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A PROPOS DES 25 ANS DE POUVOIR DU PRESIDENT PAUL BIYA A LA MAGISTRATURE SUPREME AU CAMEROUN, ESPOIR, TURBULENCES ET DECEPTIONS : LE PRIX D'UNE PAIX ILLUSOIRE, OU LA CHRONIQUE DU REGIME

   

Lorsque le 04 novembre 1982, Ahmadou AHIDJO décide de partir du pouvoir après près d'un quart de siècle comme Premier Ministre, chef du Gouvernement de 1958 à 1960 d'abord, puis comme Chef de l'Etat de 1960 à 1982, (soit 24 ans après), stupeur et désolation sont les sentiments qui animent les Camerounais. D'ailleurs la nuit de ce jeudi 04 novembe 1982 où il présente sa démission dans un message radio–diffusé au poste national de la Radio Diffusion du Cameroun alors, (la télévision n'existant pas) ressemble dans bien des coins du territoire à une nuit de coup d'état avec un couvre feu adopté par les populations elles–mêmes, chacun individuellement pris. On n'est pas loin d'une psychose collective. Ce n'est pas le discours, le tout premier de Paul BIYA comme Chef de l'Etat après la prestation de serment où il place son mandat sous le signe de la continuité et de la fidélité à son précécesseur qui viendra rassurer les 7 à 8 000 000 d'habitants du Cameroun de l'époque. Pourtant, Paul Biya va marquer assez vite quelques points.

L'ESPOIR ALLUME PAR LE VERBE ; CHANGEMENT DE TON DANS LE DISCOURS, RIGUEUR ET MORALISATION COMME MAITRES–MOTS

Assez vite le nouveau Président va trouver ses marques. Le lendemain des indépendances en Afrique voit des farfelus hissés au sommet de l'Etat ; des anciens coiffeurs des gouverneurs de colonies par exemple ou des hommes à la formation intellectuelle rudimentaire, des instituteurs, des petits cadres et agents de l'administration coloniale et même des hommes de troupes ou sous–officiers des forces de défense. Au Cameroun, c'est un ancien agent des postes qui accède au pouvoir. Et voilà quelqu'un qui a été bien formé à l'école du Droit et de la Science Politique dans les structures de la métropole, qui est un rompu aux hautes fonctions d'Etat et a l'expérience nécessaire des affaires publiques au sommet de l'Etat comme successeur. Tout le monde espère une amélioration pour ce qui est du respect des libertés publiques des citoyens dans un Etat presque policé qui a été mené dans une main de gang et dans une opacité suspecte. Le ton de la rigueur et de la moralisation est porteur et plus vite qu'on ne l'imaginait c'est l'état de graâce pour le nouveau Présient qui reçoit alors ovations et bénédictions de toutes parts à travers la République.

LE COUP D'ARRET : LA TURBULENCE DU 18 AOUT 1983 ET LES SECOUSSES DU 06 AVRIL 1984

entre temps, Paul Biya entend conduire un certain nombre de réformes pour traduire en actes les idées distillées dans les discours. Mais il va heurter des intérêts particuliers et cela ne plait pas toujours. De plus, le climat avec son précécesseur est devenu délétère. Et les choses se gâtent davantage le dimanche 18 août 1983 au stade Ahmadou Ahidjo lors de la finale Canon de Yaoundé–Union de Douala remportée par le premier (3–2) lorsqu'il est révélé au public une tentative avortée d'assassinat à la vie du Présiente, les Provinces du Centre–Sud et du Nord sont éclatées le 22 août 1983 respectivement en deux (Centre et Sud) et en trois (Adamaoua, Nord et Extrême–Nord). Les retombées sur le plan de la popularité accroissent l'état de grâce de Paul Biya dans le coeur de ses compatriotes, mais le 06 avril 1984, la menace est plus sérieuse, une partie de la Garde Républicaine tente de renverser les Institutions de la République. On a vécu certes le cauchemar, mais on est loin d'imaginer jusqu'où il ira et de quelle gravité il vva peser sur le Cameroun 20 à 30 ans après.

LA PAIX HANTEE ET L'APATHIE GNERALISEE DANS LAQUELLE VA PLONGER LE REGIME

Dorénavant, Paul Biya prend peur et il s'attèle à se constituer un rempart militaire sûr en lequel il puisse compter. Les militaires deviennent alors des privilégiés du régime, des intouchables. Désormais également, une ombre plane sur la paix et Paul Biya est prêt à sacrifier les mots chers à ses discours. Résultat il s'installe une certaine léthargie dans la gestion des finances publiques ; progressivement la morale tombe en déliquescence, la corruption gangrène toute la société, le Chef de l'Etat déclare aux Camerounais qu'il n'y a pas de preuves ; cela contribue à fouetter le cheval enfourché par la corruption et les détournements des biens publics. Mais les plus avertis ne sont pas dupes, ils savent bien que son souci est d'essayer de préserver une paix si fragile et qui ne tient qu'à un fil tenu chacun à son niveau se croit tout permis, c'est le régime de l'impunité au nom d'une paix hantée par certains fantômes ou démons.

LE VENT DE L'EST ET LE DISCOURS DE LA BAULE : LE CHAUD ET LE FROID

Loin là–bas à des milliers de km du Cameroun, en 1989 à Berlin–Est, le fameux mur qui porte le nom de la ville symbole de la guerre froide tombe après un revirement dans la politique de l'URSS de Mikhaël GORBATCHEV marqué par la "glasnost" et la "pérestroïka" (changement et réformes) dans des régimes communistes hostiles au libéralisme économique et politique. Il va y souffler un vent véritale bourrasque qui balaie tout l'Est pour s'échouer en Afrique. Les principaux bailleurs de fonds et partenaires occidentaux en profiteront pour impulser une nouvelle dynamique dans les politiques et économies africaines, dans cette lignée en 1990 François Mitterand prononce un discours historique à la Baule lors du sommet France–Afirque conditionnant l'aide à la libéralisation avec tout ce que cela implique. Ceci suscite tant d'espoirs que beaucoup y voient des occasions pour renverser en douce des régimes presque monarchiques de fait ou à des mandats à vie. Ici et là la recette est toute trouvée : la Cconférence Nationale Souveraine. Paul Biya est formel : sans objet pour le Cameroun. Une frange de la population sous l'impulsion d'une opposition radicaliste dans ses positions se deverse dans la rue. tous les excès ont cours. La vie politique et économique du Cameroun est paralysée. Paul Biya est formel : "Je l'ai dit et redit : la Conférence Nationale Souveraine est sans objet pour le Cameroun". Le Cameroun est à genoux.

LE CAMEROUN SOUS PERFUSION DES INSTITUTIONS DE BRETTON WOODS

Une crise économique conjoncturelle grave secoue le monde, après avoir vainement tenté de repousser le recours au Fonds Monétaire International et à la Banque Mondiale comme lors d'un message à l'Assemblée Nationale en juin 1987, les deux institutions de Bretton Woods bon l'an–mal–l'an. L'au sont au chevet du Cameroun et prônent des programmes d'Ajustement Structurel, des Facilités d'Ajustement Structurel Renforcé..... D'autant plus que l'économie a été asphysiée par les mots d'ordre prônant l'incivisme fiscal et les villes mortes. La situation sociale est des plus catastrophiques, les Camerounais ne sont pas loin de donner une caution à ceux qui avaient défini le F.M.I. comme un fonds de misère immédiate. Vingt ans plus tard il leur est dit que le Cameroun a atteint ses objectifs avec ces institutions financières internationales et autres bailleurs de fonds avec l'atteinte du point d'achèvement de l'initiative Pays Pauvres Très Endettés (PPTE)

LES ATTENTES DU LENDEMAIN DE L'ATTEINTE DU POINT D'ACHEVEMENT INITIATIVE PAYS PAUVRES TRES ENDETTES (PPTE)

Les Camerounais ont tellement consenti à des sacrifices qui leur ont été demandés qu'ils attendent en jouir des retombées de l'initiative PPTE. Ils observent certainement un changement dans le paysage des BTP (Batiments et Travaux Publics) avec des travaux qui redémarrent, mais cela ne suiffit pas, ils aimeraient les ressentir dans leurs poches et pas seulement dans celles des fonctionnaires et autres agents de l'Etat (petite minorité dans un océan de misères), mais par la réduction à des taux élevés du chômage et la création d'emplois, alors seulement ils comprendraient le langage ésotérique des indicateurs économiques et ddu développement.

 
 

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