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Un Peu d’histoire

   

A la suite des traités germano–duala de 1884 par Gustav Nachtigal qui permettront à l’Allemagne d’étendre son protectorat sur la côte du Wouri puis sa domination à l’intérieur, ce qui a commencé par être connu  sur le plan international par « Rio dos Camaroes » (Rivière des Crevettes) –lorsque les Portugais atteignent ses côtes au XVème siècle de cette ère– et qui dans les années 1860 verra l’intervention des Européens (Britanniques et Allemands) grâce à l’apparition des missionnaires et l’installation des premières factoreries, voit un traité franco–allemand qui étend les possessions allemandes. Mais lorsque les allemands perdent la Ière Guerre Mondiale en 19416, les Alliés expulsent les forces de Guillaume II de ce qui était alors son Kamerun.

En 1919, la France installée dans l’Afrique Equatoriale Française (Gabon, Moyen–Congo ou actuel Congo–Brazzaville, Oubangui–Chari, actuelle République Centrafricaine et Tchad d’une superficie de 2 510 000 km2) et la Grande Bretagne présente à l’Ouest au Nigéria sous la juridiction du Colonial Office se partagent le Cameroun et obtiennent le mandat sur les territoires camerounais qui leur sont impartis. Mandats confirmés par la SDN (Société des Nations) en 1922 qui seront transformés suite à l’échec de cette organisation qui n’avait pas pu empêché l’éclatement d’une seconde conflagration mondiale en tutelle en 1941 avec la création de l’organisation des Nations Unies.

Par la suite, le mouvement syndicaliste devient de plus en plus virulent et aboutit à la création du premier parti politique camerounais l’U.P.C. (l’Union des Populations du Cameroun) dans les années 1947, 1948 qui développe les revendications nationalistes et nationales grâce auxquelles l’indépendance de l’ex–Cameroun français est proclamée le 1er janvier 1960 avec Ahmadou Ahidjo comme premier Président.

A la suite du Référendum du 11 février 1961, alors que le Nord de l’ex–Cameroun britannique a opté d’appartenir à la fédération du Nigéria, le sud de cet ex–Cameroun britannique décide de son rattachement à la République du Cameroun et le 1er octobre 1961 c’est la Réunification dans un Etat Fédéral composé de trois Etats dont l’Etat Fédéral Central lui–même et les deux Etats Fédérés du Cameroun Oriental Francophone et Occidental Anglophone. Une formule lourde et qui pèse aux contribuables Camerounais et pour un jeune Etat qui fait ses premiers pas dans le concert des nations indépendantes et dont les chantiers de construction et de développement sont entièrement à faire. Ce qui amène les politiques à de nombreuses concertations, à des conciliations et négociations qui aboutissent à la mise en place de la République Unie du Cameroun après un autre référendum le 20 mai 1972.

On est passé d’une République Fédérale du Cameroun où coexistent deux Etats aux cultures résultant d’une histoire coloniale différente à une République Unie du Cameroun où ne subsiste pas moins de façon latente cette réminiscence de juxtaposition d’entités hétéroclites bien que fusionnées. C’est pourquoi lorsque le Président Paul Biya accède à la magistrature Suprême le 06 novembre 1982, il supprime cette appellation officielle de République Unie du Cameroun en 1984 pour une dénomination qui reflète un stade plus intégré de République du Cameroun simplement. Depuis 1972, le pays qui a retrouvé son unité la vit à travers ses institutions : un Chef d’Etat, un seul Gouvernement, un seul Parlement. Et depuis lors, le Cameroun n’a cessé de parfaire cette unité retrouvée qu’il commémorait cette année pour la trente sixième fois.

Quelques soubresauts de remise en cause

A la faveur de la libéralisation de la vie politique des Etats Africains en 1990 et de la démocratisation qui l’a accompagné grâce à la réinstauration du multipartisme, on assiste aux premiers soubresauts de remise en cause de cet acquis d’unité. La surprise viendra de quelques artisans de cette unité encore en vie à l’époque, mais visiblement aigris de la perte de tous les avantages qui avaient souvent été les leurs qui tiendront curieusement un discours deconcertant par rapport à ce que des millions de jeunes camerounais pendant leur scolarité avaient appris d’eux en tant que pères de cette unité.

John Ngu Foncha et Salomon Tandeng Muna qui avaient été respectivement Vice–Président et Président de l’Assemblée Nationale, Parlement à une chambre et qui par ces postes et fonctions incarnaient le symbole même de cette unité prônaient un retour à une époque révolue. Un nouveau leader d’un parti nouvellement créé le Chairman du SDF (Social Democratic Front) de Ni John Fru Ndi et son parti quant à eux préconisaient dans leur programme une fédération composée d’autant d’Etats Fédérés que le Cameroun comptait de Provinces, une idée à laquelle l’immense majorité est loin de partager.

La révision de la Constitution du 02 juin 1972 qui verra adoptée la Loi Constitutionnelle du 18 janvier 1996 par une assemblée multipartiste reconduira un Etat Unitaire mais avec une forte décentralisation au niveau des régions et des communes, bien que jusqu’à ce jour ni le Sénat qui avait également été institué à cette occasion, ni les conseils régionaux ne soient mis en place.

La bourrasque du vent de l’Est qui a soufflé sur l’Afrique doublé de la rigueur des trains de mesures préconisés pr les institutions de Bretton Woods suite à la longue crise économique qu’a traversé le Cameroun ont vu grandir une idée à travers un autre mouvement la Southern national Cameroon Council (SNCC) qui a souvent sérieusement entamé l’image de cette unité, un groupuscule aux velléités sécessionnistes qui souvent lors des 20 mai ou du 1er octobre fait parler de lui causant une certaine gêne à la diplomatie camerounaise. On comprend que le Cameroun ait eu intérêt à vite éteindre ce foyer incandescent qui a failli embraser le pays et qui a causé, morts d’hommes, arrestations, procès et condamnations en février, car on ne peut imaginer ce qui aurait pu en résulter ou jusqu’où on aurait pu aller.

La continuité dans l’apaisement social

Après le speech radiotélévisé du Président Paul Biya, force est revenue à la loi et à qui de droit ; et au 25 mars. Le Vie–Premier Ministre chargé de la Justice, Garde des Sceaux donnait un bilan de 1671 arrêtés dont 671 dans le Littoral avec statistiques des jugés condamnés, relaxés et personnes à être jugés ; 400 dans le Centre ; à l’Ouest 280 arrêtés ; 220 dans le Nord Ouest ; enfin dans le Sud–Ouest 100 arrêtés.

Les dégâts étaient alors chiffrés à une cinquantaine de milliards et les morts à une quarantaine, un chiffre que des ONG sur les droits de l’homme estimaient fort minimisés. N’empêche que le même Ministre dans un autre point de presse survenu en avril après évolution de la situation parlait de nouvelles données de 729 jugés et condamnés dont 426 appels et 157 personnes qui restaient à être jugées pour 534 relaxés pour faits et preuves insuffisants et les cas de minorités.

L’ordre sera rétabli manu militari au vu de ces statistiques ; certaines régions vivront une espèce d’état d’urgence qui ne dit pas son nom ou en pointillés avec interdiction des manifestations publiques, avec des localités pratiquement quadrillées par les forces de l’ordre mais dans un calme relatif. Dans le souci d’apaiser cette tension suite aux émeutes de février et après les mesures prises quelques temps après, le Président Biya a voulu faire dans la continuité de cet apaisement aussi signera–t–il deux décrets portant l’un remise des peines aux personnes définitivement condamnées suite aux manifestations des 24 et 27 février, l’autre portant commutation des peines, afin de mieux communier dans l’unité avec ses concitoyens.

Des raisons qui contribuent à expliquer la relative sérénité en l’occasion de la présente fête nationale.

 
 
 

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