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Faits Divers

   

Viol d’une fillette de trois ans par un jeune homme de vingt trois ans à Mbalmayo, la justice camerounaise à l’épreuve à l’heure de l’assainissement des mœurs de la société nationale

Mbalmayo, petite ville à 50 km au Sud de Yaoundé, ville intermédiaire entre la capitale politique et administrative du Cameroun et la Province du Sud dont le Président Paul Biya est originaire, Département de la Province du Centre (avec chef–lieu Yaoundé) et dont lui–même est le chef–lieu, Mbalmayo est aussi la ville d’origine du célèbre écrivain, polémiste invétéré de son vivant de la politique camerounaise, Alexandre Biyidi alias Mongo Beti qu’il a rendu célèbre à travers le pseudonyme Eza Bôtô, dans Ville Cruelle. Mbalmayo pour beaucoup, aussi c’est le Nyong qui traverse la ville en la divisant en deux à travers « ce fleuve qui coule des eaux noires » lugubre comme  la ville qui a souvent vécu des situations macabres, des tragédies sanglantes, ville cruelle pour beaucoup pour donner raison à Eza Bôtô.

En mars de cette année 2008 un fait dégoûtant vient de s’y passer encore ; un fait divers pour certains ; une tragédie pour le père, la mère, la famille et les amis de ceux–ci, un supplice physique et physiologique pour une enfant à peine sortie de l’âge de bébé, certainement un traumatisme inoubliable aux séquelles indélébiles et aux conséquences désastreuses pour la future vie de femme de la victime ; une fillette de trois ans a perdu de façon atroce son innocence, sauvagement violée ; les organes génitaux bousillés, le postérieur déchiré, le tout confus. L’œuvre d’un homme, un majeur de vingt trois ans et peut–être plus qui aurait pu être le père de cette enfant. Semble–t–il tenancier d’un ciné–club au quartier New–Town, derrière le Stade Municipal de la ville. Viol individuel ou collectif ?

L’horreur mise à la connaissance du grand public par la télévision nationale : la CRTV

Le crime nauséabond a eu lieu au mois de mars de cette année 2008 autour de la semaine pascale. Quelques personnes dans la ville seront au courant de ce forfait surtout dans le quartier ; d’autres l’apprendront lorsque les parents de l’enfant, une ménagère et un chauffeur, de moto–taxi traîneront leur angoisse dans l’hôpital du coin, alors que le gros de la population de Mbalmayo tout comme l’opinion nationale et internationale (sur satellite) découvriront l’horreur grâce à la Télévision Nationale, la Cameroon Radio and Television la seule chaîne de servie public du pays qui prend le relai à la suite de l’évacution de la victime à Yaoundé sur initiative du député du Nyong et So, l’Honorable Tsoungui Bleue Régine, et de la prise en charge par la Fondation Chantal Biya.

L’Humanitaire de l’épouse du Président camerounais une fois de plus à l’œuvre

Depuis quelques années, l’épouse du chef de l’Etat camerounais Chantal Biya s’est lancée et impliquée dans l’humanitaire à travers lequel elle ne cesse de glaner des lauriers, de s’attirer des sympathies et de gagner en notoriété et popularité tout en apportant bonheur et satisfaction dans bien des familles. C’est dans ce registre que les parents de la petite fille violée ont vu le souci du coût de la prise en charge de tous les dégâts réparables causés à leur enfant, soulagé grâce aux offices une fois de plus de la première dame camerounaise. Et Dieu sait que des dégâts, il y en a eu. Ce n’est pas non sans révolte que les téléspectateurs apprendront par exemple qu’en cas de besoin naturel, les matières fécales se retrouvaient aussi bien sur les parties intimes avant et arrière de l’entant. Le sphincter et le rectum ayant vraisemblablement éclaté accompagné des déchirures entre les deux orifices anal et vaginal. Les détails du diagnostic médical sont horripilants. La gravité de la situation a entraîné une évacuation de l’hôpital départemental de Mbalmayo au Centre de Chirurgie Endoscopique et de Reproduction Humaine à Yaoundé à la fondation Chantal Biya où les soins particulièrement délicats ont été administrés nécessitant jusqu’à intervention chirurgicale. On apprendra avec tout cela que le bourreau serait libre comme le vent dans la société, peut–être prêt à faire une autre victime.

A l’heure de la société nouvelle en chantier, la justice camerounaise à l’épreuve

Si on en juge par les déclarations des parents au reporter de la Télévision Nationale, l’auteur de cet acte ignominieux serait cet homme de plus de vingt ans tenancier de ce qu’on appelle au Cameroun les ciné–clubs, des petites salles de projection de cinéma sur support CD (en VCD ou DVD) à des dimensions variables et aux modes de fonctionnement incongrues. Le père de l’enfant déclare avoir été approché par son bailleur pour le dissuader d’une éventuelle initiative de procédure judiciaire ; il aurait même pris des engagements pour s’occuper des soins et des charges, à quel titre ? Par solidarité avec le malheur de cette famille ? Compassion vis–à–vis de l’employée ? Pour protéger un tiers ou soi–même ? Dans tous les cas à l’heure où les enquêtes judiciaires se poursuivent dans une ville où les viols sont assez commodes au point que certains se gargarisent même de leurs exploits dans des bistrots en compagnie des amis entre deux verres, quand on sait la suspicion qui pèse sur le système répressif dans la ville où les uns et les autres pensent que quelques billets de CFA suffisent à étouffer une affaire : quand on ajoute ce qui apparaît aujourd’hui pour beaucoup à l’observation et à l’analyse comme une volonté d’assainissement des mœurs, une société camerounaise en pleine refondation, une société nouvelle en construction, certaines bavures ne méritent pas de passer impunies et sans conséquences. Le fait même que la Fondation Chantal Biya se soit saisie du cas nécessite que des enquêtes soient diligentées à une échelle encore supérieure pour confondre délinquants et fossoyeurs de l’éthique de service public et de la déontologie des différentes administrations impliquées et concernées défaillantes.

Mais à la date du 21 mai, un individu serait déjà écroué en attendant que les jours à venir nous fixent sur la vérité des faits. Puissent toutefois les organisations humanitaires se pencher sur ce cas, tout en le prenant à cœur pour une enfant qui perdra peut–être le droit d’être mère, par de–là tous les sévices qu’elle a dus endurer à son âge naissant.

 
 

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