Page d'Accueil

INFRASTRUCTURES SPORTIVES AU CAMEROUN ET RETOMBEES DES FONDS PPTE

   

100 MILLIARDS DE FCFA POUR L’EMBELLISSEMENT DE LA SEULE VILLE DE YAOUNDE ET POURQUOI PAS 57 MILLIARDS POUR LA CONSTRUCTION DES INFRASTRUCTURES SPORTIVES DANS LES 10 CHEFS LIEUX DES PROVINCES ?

 

        Le sport camerounais, c’est une lapalissade de le dire aujourd’hui, est malade. Malade de sa politique, malade de ses structures, de ses moyens, de sa société, malade de ses hommes… Pour une thérapie de choc, un des facteurs qui concernent les équipements et infrastructures doit être envisagé avec beaucoup de volonté politique, d’équité sociale et de rigueur.

L’ŒUVRE DE PIONNIER D’AHMADOU AHIDJO : UN GRAND SPORTIF DE CŒUR

        06 novembre 1982, le 06 novembre 2007, cela fait vingt cinq ans que M. Paul Biya a succédé constitutionnellement à M. Ahmadou Ahidjo, premier Président de la République du Cameroun dont il était alors le Premier Ministre depuis 1975.

        L’homme qui le 1er janvier 1960 avait proclamé que « le Cameroun est libre et indépendant », en 1965 goûte au premier plaisir d’un sacre continental avec l’Oryx Bellois en coupe d’Afrique des Clubs Champions, renouvelé en 1970 avec le Canon Sportif de Yaoundé. Des joies qui auront beaucoup contribué à sa décision d’accueillir la jeunesse africaine à travers l’organisation d’une 8ème Coupe d’Afrique des Nations en 1972 à Yaoundé et à Douala, (après une participation du Cameroun en 1970 loin d’être ridicule à la 7ème édition au Soudan) ; l’issue catastrophique de la compétition organisée par le Cameroun pour l’équipe nationale du pays d’Ahmadou Ahidjo, n’empêchera pas les acteurs du football camerounais d’offrir des occasions d’autres joies au premier sportif camerounais de l’époque. 1974, Tonnerre Kalara Club de Yaoundé de Martin Ombgwa Zing gagne la première édition de la Coupe d’Afrique des Vainqueurs de Coupe. Canon de Yaoundé inscrit son nom au palmarès de la même compétition en 1978 et en 1979, cette année qui voit le Cameroun réaliser un doublé historique grâce à la victoire d’Union Sportive de Douala du président Ngassa Happy en Coupe d’Afrique des Clubs Champions, à qui le Canon succède en 1980. Et enfin 1981, c’est l’Union de Douala qui emporte le trophée de la Coupe d’Afrique des Vainqueurs de Coupe. Et le compteur s’arrêtera là au niveau des clubs avec le départ du premier Président camerounais non sans avoir vu son équipe nationale prendre part pour la troisième fois à une Coupe d’Afrique des Nations en 1980 en Libye, et à une première participation à une phase finale de Coupe du Monde de Football en Espagne contraignant aux scores nuls de parité un futur quart de finaliste la Pologne (0–0) et même le futur vainqueur l’Italie (1–1).

        Le sport camerounais ne peut oublier également la première médaille des Jeux Olympiques de Mexico (en l’occurrence celle de boxe en Argent de Joseph Bessala).

Au moment où Ahidjo démissionne, il laisse à la postérité trois stades de football aux normes internationales de l’époque acceptables : le stade Ahmadou Ahidjo à Yaoundé, le Stade de la Réunification à Douala et le stade Omnisports Poumpoumré de Garoua. Deux autres stades Omnisports auront également vu leurs travaux démarrer bien qu’interrompus. Et une multitude des stades municipaux foisonnent alors dans les différents chefs–Lieux de Département et d’Arrondissements.

BEAUCOUP DE LAURIERS A L’ERE DE BIYA, POUR BIEN PEU DE CHOSES POUR LE SPORT EN GENERAL

Le successeur d’Ahmadou Ahidjo aura connu plus d’honneurs encore grâce au sport et en particulier au football. Il goûte aux délices d’une Coupe d’Afrique des Nations en 1984 organisée par la Côte d’Ivoire, en 1988 avec l’organisation du Maroc, en 2000 à l’issue de la co–organisation Ghana–Nigéria et enfin lors de Mali 2002.

En 1990, le Cameroun qualifié à la Coupe du Monde d’Italie triomphera de l’Argentine à l’issue d’un match d’ouverture épique (1–0), on verra alors en mondio–vision la tribune officielle faite des V.I.P. du monde entier se tourner vers Paul Biya pour lui rendre des hommages. Son équipe dans cette compétition finira quart de finaliste du tournoi, une grande première alors pour une équipe africaine.

D’autres participations aux phases finales de Coupe du Monde de Football se succèderont en 1994 aux Etats–Unis, 1998 en France et à Corée–Japon en 2002.

Le Cameroun connaîtra l’apothéose avec une finale remportée pour la médaille d’or de football lors des Jeux Olympiques de Sydney en 2000, la médaille d’argent en athlétisme dans la même compétition en 2004 de Charlotte Mbango qui offrira une médaille d’or à son pays aux championnats du monde d’Athlétisme deux ans plus tard en 2006. Signalons d’autres succès avec les Juniors en football en 1995 au Nigeria et au Swaziland lors des Coupes d’Afrique des Nations Juniors les médailles en or aux Jeux Africains, les succès des FAP et MINUH, CAMI–TOYOTA en handball sur le plan continental et même la médaille d’argent lors de la Coupe des Confédérations de Football en France en 2002. Et bien d’autres succès.

Seulement en termes d’investissement en équipements et infrastructures, presque rien. On se serait attendu qu’ils fussent à la mesure des honneurs glanés ou tout au moins à la dimension de la réputation acquise. Le football par exemple a tant donné au pouvoir de Paul Biya, consolidant même celui–ci à des moments critiques, contribuant au renforcement de l’unité nationale et à la préservation de la paix sociale, et pourtant force est de reconnaître que ce sport n’a reçu qu’en retour quelques billets de banques et des symboliques médailles aux acteurs. En somme Paul Biya n’a presque rien rendu à ce football et même à ce sport en général.

QUE LA REDISTRIBUTION DES FONDS PPTE PROFITE EGALEMENT AU SPORT NATIONAL

Pendant longtemps, on a parlé de la conjoncture économique défavorable qui ne pouvait permettre au Cameroun de réaliser des investissements d’une certaine importance : re–organiser une coupe d’Afrique des Nations, construire des stades.

Il a été demandé aux Camerounais de serrer la ceinture : du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest. A l’heure de jouir des retombées de ces sacrifices consentis par la nation entière, les fruits doivent profiter à tous. Et Paul Biya n’a–t–il pas une dette morale vis–à–vis du football camerounais et du sport en général ?

A l’heure de la redistribution des fonds PPTE, 100 milliards pour l’embellissement de la seule ville de Yaoundé ou Douala, c’est bien. Mais le Cameroun c’est aussi l’intérieur du pays. On en revient à regretter la politique du développement autocentré. Car comment comprendre que le Ministre des Sports et de l’Education Physique au cours d’une sortie médiatique à Dimanche–Midi (CRTV Radio) en mars 2007, présentant les projets du Département dont il a la charge en termes d’infrastructures n’ait relevé que le futur complexe Paul Biya à Olembe, la réfection des stades Ahmadou Ahidjo, de la Réunification et Omnisport de Garoua et le redémarrage des travaux de construction du stade de Bafoussam. Quid de Bamenda, Maroua, Buéa ? Quid de Bertoua, Ebolowa, Ngaoundéré ?

PLAIDOYERS POUR DOTER LES DIX PROVINCES D’INFRASTRUCTURES DIGNES DE CE NOM AVEC 57 MILLIARDS DE FCFA

Pourtant si on en juge par ce programme des belles perspectives du Ministère des Sports et de l’Education Physique, le financement de ces infrastructures doit avoir été bouclé ou tout au moins a–t–on déjà idée là–dessus. Idem pour celui relatif à la réfection du Stade Ahmadou Ahidjo dont une partie des travaux vient d’être achevée et les clés remis à l’Etat. Coût des réfections 1,5 milliard de FCFA. Don du Gouvernement japonais. L’Etat ne peut–il débloquer 2 à 3 milliards afin d’en faire un stade avec lequel il faut compter dans une nouvelle jeunesse ?

Il resterait alors à doter les autres Chefs–Lieux de Provinces des stades modernes et omnisports d’une capacité de 25 000–30 000 voire 40 000 places assises. On a vu ailleurs des bijoux dont le coût se chiffrait à 5 milliards. Pour les six autres Chefs–lieux de Provinces l’enveloppe s’élèverait à 30 milliards de FCFA. Cela est bien possible avec la coopération des pays amis comme la Chine, la Corée du Sud, le Japon et autres, des fonds PPTE, des communautés urbaines de ces villes et pourquoi pas des banques, sans oublier la réorientation de l’argent alloué par la FIFA.

Puisqu’un Palais des Sports est en train de sortir de terre au Carrefour Warda à Yaoundé, neuf autres ou gymnases pourraient également être construits à Douala, Bamenda, Garoua, Maroua, Ngaoundéré, Bertoua, Ebolowa, Bafoussam et Buéa d’une valeur de 3 milliards de francs chacun soient 27 milliards au total.

Avouons que cela est bien possible, faisable et à la mesure des moyens du Cameroun et des données actuelles de son économie.

Cela aurait pour avantage de stimuler une certaine émulation dans le mouvement sportif national dans ces villes. Il est aussi certain que cela aurait un impact sur ce mouvement sportif national, rendu plus attrayant et attractif. Et probablement l’exode précoce des jeunes talents (qui à peine savent–ils taper sur un ballon qu’ils n’hésitent pas à s’expatrier par tous les moyens rêvant de ces aires de jeux enchanteresses), connaîtrait un certain ralenti. La rentabilité financière des équipes pourrait également s’en trouver améliorée, à travers les recettes des stades.

POUR UNE ESPECE DE DEMOCRATISATION DES INFRASTRUCTURES DE SPORT ET POUR UNE JUSTICE ET UNE EQUITE SOCIALES

Ce serait des investissements productifs où on pourrait mettre en place une gestion de type privé avec une obligation de résultat et de rendement et où l’ingéniosité des responsables de ces structures devrait être mise à contribution dans l’organisation des tournois nationaux et internationaux. Une Société de Gestion des Equipements et Infrastructures Sportifs (SOGEIS) pourrait être mise sur pieds avec un Conseil d’Administration et une Direction Générale qui coordonnerait la gestion de toutes ces infrastructures sportives. Quant à la gestion de ces stades ils fonctionneraient avec le même modèle : un conseil d’Administration et une Direction du Stade. Des responsables qui pourraient être débarqués quand ils ne feraient pas l’affaire par les différents Conseils d’Administration.

A l’heure où le sport camerounais agonise véritablement, voilà un des traitements de cheval dont il a besoin. Il suffit d’un peu de volonté politique, et de rigueur dans la gestion des fonds. Monsieur Paul Biya doit bien cela au mouvement sportif national, par delà le tintamarre à l’odeur de griots qui nous est souvent servi en certaines occasions. La postérité a faim de son legs au sport camerounais après vingt cinq ans de pouvoir. N’a–t–il pas déclaré qu’ «au Cameroun, il n’y a pas de sport mineur ». On pourrait lui emboîter le pas en disant qu’un sportif est loin d’être mineur parce qu’il est en province. Et il est loin d’être moins Camerounais parce qu’il est à Bamenda, Bertoua, Buéa, Ebolowa, Maroua ou à Ngaoundéré. Bien des talents ne demandent qu’à être détectés ici et là et à s’épanouir dans des conditions favorables.

DES EFFETS D’ENTRAINEMENT SUR D’AUTRES SECTEURS DE LA SOCIETE ET DE L’ECONOMIE

Les villes marqueront certainement des points quant à leur embellissement. Des emplois supplémentaires verront le jour. L’économie serait également le grand bénéficiaire. Bien des effets d’entraînement auraient un impact sur cette économie.

Alors, vivement des stades omnisports et Palais des Sports ou Gymnases dans les dix Chefs–Lieux de Provinces.

 
 

Page d'Accueil Copyright © 2007-2011, Culture Vive Page d'Accueil