Page d'Accueil Description du Maracas : Nyas
 

Nyas

Lorsqu’un observateur assiste à une scène de musique dans une cérémonie beti, il est très vite frappé par des instruments de musique imposants tels les balafons, le tambour, le tambourin, le tam–tam, …..  C’est à peine si le Nyas est remarqué. Tellement il est minuscule par rapport aux autres instruments.

Nyas

Et pourtant chaque fois que le Beti joue de la musique, il ne peut se passer de cet instrument de cadence qui rythme les autres joueurs.

Et autant il est facile à jouer, à manipuler, autant il est facile et simple à fabriquer. Le matériel traditionnel de fabrication est cependant de plus en plus rare ; c’est pour cette raison que les Beti ont tôt fait de trouver des moyens de remplacement.

Pour le Nyas fabriqué à la manière traditionnelle, il faut d’abord cueillir un petit fruit de l’herbe Nděg ou Nděk, dont les fruits adultes évidés et séchés servent de caisse de résonnance aux balafons. Une fois ce petit fruit cueilli, il est séché et dès lors il peut être utilisé, directement avec ses propres pépins, comme Nyas. (Voir photo)

Nyas

Si le fabricant ne veut pas utiliser ses pépins, il va introduire les grains de l’herbe–fleur que les Beti appellent « ékonzok » ou « ekwanzok ». En effet, cette herbe produit de petits fruits qui contiennent des pépins qui ont la forme ronde, d’une grosseur de quelques millimètres et qui en séchant deviennent durs. Introduits dans le fruit du Nděg à travers son col, l’ensemble produit une résonnance meilleure que celle des pépins du Nděg.

Cependant, l’herbe Nděg devenant de plus en plus rare, les Beti ont tôt fait de pallier à ce manque. Ainsi l’on a commencé à utiliser la coque de la noix de coco pour servir de boîte. Pour cela, une noix en putréfaction est laissée à l’action des décomposeurs. Une fois la matière interne finie, la coque est polie, on y fait un petit trou par lequel les grains de « nkaa » (pépins de l’herbe ékonzok) sont introduits ainsi qu’un bout de bâton pour servir de manche.

Nyas

De nos jours, par impatience, parfois pour des raisons d’ignorance et de rareté du matériel, les Beti utilisent des boîtes (de lait, de tomate) vides, pour remplacer le fruit du Nděg ou la coque du coco.

 

A l’intérieur, ils introduisent de simples petits cailloux qui vont remplacer le « nkaa ». La résonnance n’est malheureusement pas aussi bonne (voir photo).

Et pour des besoins d’esthétique, l’ensemble est recouvert par un revêtement fait de lamelles de lianes tissées par un vannier expert. Ce revêtement empêche que l’on ne sache avec exactitude ce qui s’y trouve emballé (voir photo).

Et pour jouer à cet instrument assez banal, il suffit de le secouer dans sa main au rythme de l’air joué, ou tout simplement de le tenir par son manche, et de le frapper dans l’autre main, les grains s’entrechoquant contre le contenant produisent le rythme escompté.

Nyas
 
 

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