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Pénurie des Produits et Denrées de Première Nécessité

Le spectre des malheureux évènements de février 2008 continue–t–il de planer ?

« Ventre affamé n'a point d’oreille » a–t–on coutume de dire. Mais il est écrit dans les Saintes Ecritures que « l'Homme mangera à la sueur de son front », car la manne a cessé de tomber du ciel. Travailler, c'est donc en cela que résiderait le secret de la vie, du succès, du bonheur assuré. Mais ce travail dont on parle en lui–même ne cesse de se raréfier sur le marché. Et l’activité commerciale se présente comme le secteur le plus ouvert, et accessible à tous.

 

Ceux qui malgré de longues études, les aptitudes à assurer de hautes fonctions, la pauvreté, le manque d’instruction, ont décidé de se rendre utiles pour la communauté. Tous les moyens sont bons pour arriver à ses fins, disait Machiavel dans « le Prince », mais à quel prix ?

La période de fin d’année apparaît au Cameroun comme la période de « vache grasse » des commerçants. Comme chaque année depuis presqu’une décennie, les marchés se vident de denrées et produits de première nécessité à des périodes bien déterminées. Comme par miracle, des denrées essentielles telles que la farine, le sucre, le riz, le lait, l’huile et le maquereau tarissent très souvent de nos marchés. Que dire du gaz domestique, devenu incontournable dans environ 60 % des ménages en zone urbaine. Une rareté qui a pour effet pervers la hausse vertigineuse des prix, très souvent au dessus du camerounais moyen qui doit désormais, serrer la ceinture à travers le jeûne forcé. Du côté des commerçants qui veulent peut–être jouer leur carte à fond, les charges des taxes douanières ne permettent plus de couvrir les charges, « on n’a pas de choix ». Ceci au mépris de la réglementation en vigueur et des prix homologués par le Ministère du Commerce. Malgré les mesures prises par les pouvoirs publics à la suite de la « grève de la faim de 2008 » comme on l’a appelé, la situation semble ne pas changer, au contraire tend à s’empirer.

Le Gouvernement serait–il impuissant ?

La crise financière de 2008 qui a récemment secoué la planète toute entière aura mis un terme à un vieux débat qui a longtemps prévalu sur l’interventionnisme de l’Etat dans le domaine économique.

Le Libéralisme Communautaire institué par l’Etat du Cameroun ne saurait être un libéralisme total, comme certains le croiraient. Car l'Etat reste et demeure un agent économique au même titre que les entreprises et les ménages, avec certes un statut particulier. Mais à bien y voir, on serait tenté de se demander où est passé l'Etat dans le contexte camerounais ? Aurait–il perdu sa force qui serait désormais la propriété de quelques phallus de notre société ?

Une pénurie minutieusement ficelée

La rareté des denrées et produits de première nécessité ne serait donc pas un fait anodin. Sinon comment comprendre que le phénomène de cette carence n’est observé qu’à des moments bien précis, notamment à la veille des fêtes de fin d’année, ou de grands rendez–vous de festivités ? En effet notre enquête nous a menés sur une chaine bien ficelée et bien organisée impliquant des responsables du Ministère en charge du commerce. Les grands opérateurs économiques qui ont le monopole dans ces filières stockent les produits qu’ils déversent progressivement sur le marché, à leur gré. Les petits stocks sont surestimés avec la complicité des responsables du Ministère du Commerce, qui n’ont plus parole. Les caravanes des ventes proportionnelles mises en place ne pouvaient couvrir toutes les populations n’étant que dissuasives au détriment des consommateurs abandonnés à subir la loi du commerçant. Certaines entreprises ont même opté pour le marché extérieur qui serait plus juteux au détriment des populations locales. L’une des missions régaliennes de l’Etat est pourtant d’assure la sécurité et le bien être de ses populations. Attention, attention, le peuple vous observe.

   

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