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TCHANGUE COMME………… ARRONDISSEMENT

   

A la suite d’un Décret Présidentiel édicté au mois d’avril de cette année 2007, de nouvelles unités administratives ont été créées au Cameroun parmi lesquelles l’Arrondissement et la commune Rurale d’Efoulane. Le Chef–lieu de ce nouvel Arrondissement est naturellement Efoulane, localité située à 30 km de la ville d’Ebolowa, sur la route de Lolodorf à 2 km de Tchangué lui–même à 28 km de la capitale provinciale du sud et du Chef–Lieu du département de la Mvila, Ebolowa en l’occurrence. Or en principe la ville s’étend de tous les côtés à 5 km de la localité. Tchangué sera en plein dans l’Arrondissement et devient pratiquement un quartier de la désormais ville d’Efoulane. Avec tout ce que cela comporte comme conséquences.

DE NOMBREUSES ATTENTES POUR LE DEVELOPPEMENT

Naturellement l’érection d’Efoulane en Arrondissement devrait avoir pour corollaire une plus grande attention des pouvoirs publics pour rendre la ville viable. Déjà à la faveur d’une dotation spéciale du Gouvernement un montant de près de 1,5 milliards de FCFA vient d’être alloué à l’ensemble de ces nouvelles unités administratives. Selon toute vraisemblance, la Commune Rurale d’Efoulane de par sa dimension et de par les critères de répartition qui ont été donnés devrait bénéficier d’une vingtaine de millions.

Ici, il s’agit de partir pratiquement de rien, c’est dire que tout est à faire, à construire. C’est pourquoi il faut s’attendre également à ce que des investissements à caractère économique soient de plus en plus initiés aussi bien par les pouvoirs publics que par le secteur privé. Sans oublier le secteur social et d’autres. Ce ne sera donc pas une surprise de voir des ONG d’ici et d’ailleurs venir créer qui un établissement scolaire, qui d’autre une structure sanitaire d’envergure. Des commerçants ne vont pas tarder à venir y élire domicile dans cette localité où la seule boutique un peu plus acceptable jusque là était l’Eden du promoteur Asse N. Jean, malgré la présence d’un CES, d’une SAR, d’une Ecole Publique et d’un Centre de Santé.

SEULEMENT ATTENTION CAR TOUT NE SERA PAS ROSE !

Inévitablement, chaque chose a son revers de la médaille. A côté de toutes ces entreprises de développement qui vont certainement être initiées, les populations de la zone urbaine virtuelle devraient se préparer à un énorme sacrifice, à des désagréments.

LA COURSE AUX POSITIONNEMENTS ANNONCE LA COULEUR

Les populations ont eu un avant–goût lors des mois de mai – juin derniers avec la course à l’investiture aux élections municipales et législatives dans une zone où le RDPC (Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais) reste l’acteur solitaire sur le terrain politique. Des candidats certes fils, enfants du terroir sont venus des quatre coins du pays pour briguer une investiture. Les empoignades étaient assez chaudes. D’autres se profilent à l’horizon dans la perspective de la mise en place effective du Sénat d’une part, et d’autre part des Conseils Régionaux.

Déjà, l’Arrondissement s’en tire avec un Député, l’Honorable Jean Jacques Zam de Nyazo’o. Le Conseil Municipal dirigé par le tout nouveau maire (le premier) est installé. D’ailleurs, il n’est de secret pour personne que d’autres manœuvres en vue des positionnements sous–politiques se trament déjà dans les coulisses.

LA NECESSITE D’UNE VIGILANCE ACTIVE QUANT A L’HERITAGE DU PATRIMOINE DOMANIAL ANCESTRAL

Le malheur des autochtones dans les villes est souvent que beaucoup sont des victimes des égoïsmes, de l’inconscience et du peu de responsabilité d’aucuns. Pour des petits intérêts liés à leurs modestes personnes, ils n’hésitent pas à hypothéquer l’avenir du plus grand nombre par cupidité et même par méchanceté en bradant un patrimoine important aussi bien pour leurs contemporains que pour les générations futures.

Inquiétante aussi se profile à l’horizon la voracité et la rapacité des potentiels futurs acquéreurs des parcelles et lots de terrain, autochtones comme halogènes imbus du volume de leurs portefeuilles face à la misère et l’indigence des autres. A la longue les uns et les autres se retrouvent au point de miroiter quelques mètres carré pour semer quelques boutures de canne à sucre là où hier ils étaient pourtant des seigneurs fonciers. Alors vigilance, vigilance !

LES INEVITABLES EXPROPRIATIONS POUR CAUSES D’UTILITE PUBLIQUE

Avec le traité germano–douala en 1884, le Cameroun fait ses premiers pas sur la scène internationale des relations internationales contemporaines grâce à son statut de protectorat allemand. Puis comme mandats français et britanniques en 1919, et tutelles des mêmes puissances en 1945. En 1960, il devient seulement un Etat indépendant. L’indépendance du Cameroun impliquait beaucoup de conséquences. L’affirmation et la reconnaissance du Cameroun comme Etat avec comme prérogative sa souveraineté sur un territoire, avec un gouvernement pour une population. En vertu de cette souveraineté, l’Etat édicte ses lois. Et l’une de ces lois qui cause beaucoup de vagues dans les provinces du Centre, Sud et Est du Cameroun est celle qui fait de toutes les terres une propriété de l’Etat (exceptions faites des dérogations prévues par les textes) dans des régions où la propriété privée foncière a précédé l’Etat.

La situation devient plus grave avec la venue de la ville. Alors bonjour les expropriations pour causes d’utilité publiques ! Bonjour la rigueur du droit où les populations étaient pourtant habituées à un droit de propriété coutumier.

LES LEçONS A TIRER DE L’EXPERIENCE DE CEUX QUI SONT PASSES PAR LA !

Un devoir de responsabilité incombe alors aux véritables élites. Pas celles qui pensent qu’avoir les moyens leur donne le droit de faire main basse sur les ressources des autres.

Tous ceux qui sont suffisamment avisés par leurs expériences, éclairés par leur savoir, toutes les bonnes volontés possibles doivent faire bloc pour penser comment s’organiser, que faire, comment se prémunir face à toutes ces inquiétudes qui devraient dorénavant faire partie du quotidien des autochtones citoyens de la cité naissante. Efoulane a l’avantage d’être érigé quarante sept ans après l’indépendance du Cameroun. La somme des expériences vécues par les localités qui sont passées par là doit lui être enrichissante à dessein.

 
 

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