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UN VILLAGE TCHANGUE ;
UNE TRIBU, BOULOU ;
UN SEUL CLAN, YEVOL ! ….
DEUX PAROISSES !
DEUX SYNODES !
LES DEUX EGLISES PRESYTERIENNES CAMEROUNAISES DE LA HONTE DE L’EPC COMME DENI DE LA FOI CHRETIENNE DANS UNE LOCALITE QUI A TOUJOURS DONNE L’IMPRESSION D’UNE FOI FERVENTE, ARDENTE ET DYNAMIQUE

Qui ne connaît la Paroisse de Tchangué ? Qui ne se souvient de ses années fastes dans le Presbytère Ntem, Synode Municam. Les nombreux voyageurs sur le tronçon Ebolowa–Lolodorf ou Lolodorf–Ebolowa connaissent ou ont encore fraîchement dans leurs souvenirs cette bâtisse construite en 1933 en même temps que le Temple d’Elat le siège de ce qui était alors la Mission Protestante Américaine et qui verra sonner les premières trompettes de l’indépendance dans les esprits avec en 1957 la naissance de l’Eglise Presbytérienne Camerounaise.

Quelle fière allure ! Qui ne se souvient pour les fidèles de l’EPC de cette époque glorieuse où le moindre événement à l’EPC dans le Présbytère et même le Consistoire Ntem était prétexte de se rassembler à Tchangué ? Et tout cela fait partie de l’histoire, la belle histoire ! Comme celle de 1967 à l’époque du schisme, dix ans après seulement l’indépendance de l’EPC lorsque surviendra la séparation qui verra naître l’Eglise Presbytérienne Camerounaise Orthodoxe ; à la Paroisse de Tchangué et mieux encore les populations de ce village feront bloc pour rester un et fidèles à l’E.P.C. C’était la belle époque ! Celle où les cœurs étaient à l’unisson et où s’exprimait la fraternité entre personnes qui partageaient également le lien de sang. C’était la belle époque, celle de la belle histoire !

L’histoire pour laquelle les fils de ce village donneraient si chers pour continuer à bomber le torse partout où ils passaient en affichant avec ostentation leur appartenance à cette communauté. Hélas, ils devront faire avec une autre, fangeuse à souhait et d’une boue dangereusement nauséabonde. Cette histoire là qui fait honte à la foi chrétienne, qui jette un sérieux discrédit à l’institution même à laquelle on fait semblant de tenir : l’E.P.C. et fait le déshonneur des fils et filles de ce village.

UNE AFFAIRE DE DOCTRINE OU UNE QUERELLE D’HOMMES,
ELEMENTS DE GENESE D’UN CONFLIT

Pour éviter d’être taxé de partisan pour tel ou tel camp, nous nous contenterons de ne donner que quelques faits qui ont eu un impact lourd sur le problème de façon globale, en faisant grâce des petits détails et accessoires.

Lorsque le Révérend Pasteur Effa Jean Pierre arrive à Tchangué pour la quatrième fois comme Modérateur de la Paroisse vers fin 1996, il trouve une Paroisse honnêtement en déliquescence minée par la transposition des conflits familiaux et sociaux dans l’enceinte même de l’Eglise, le peu de confiance qu’inspire déjà l’Eglise, trop avide d’argent sous la pression des précédents pasteurs inquiète, défaillante dans ses missions essentielles d’évangélisation, c’est une église formelle à laquelle les populations se résignent juste à s’accommoder de par sa présence sur le terroir. Le Révérend Pasteur Effa M. Jean Pierre annonce la couleur en lançant un mot d’ordre de redressement et d’assainissement, lui qui connaissait le lustre qui avait été celui de la Paroisse de Tchangué grâce à ses triples passages successifs précédents dans cette communauté.

Quelques mois plus tard en 1997, il sera confirmé comme Co–modérateur en compagnie de son « fils spirituel » Zilly Ngo’o Phlégon, (l’expression est des deux bergers du Christ à l’époque). La lune de miel ne tarde pas à s’estomper et les langues des fidèles se délectent des fissures qui déparent la belle harmonie affichée du tandem. Les événements s’accélèrent, et le Révérend Pasteur Effa Jean Pierre en arrive à être honni par une partie des fidèles pour des raisons diverses, toutefois la situation s’empire avec son accointance avec le Révérend Pasteur Ngomo Simon Pierre, charismatique ecclésiastique de l’EPC qu’il fait d’ailleurs venir à Tchangué dans le cadre de l’organisation et de la tenue d’une retraite spirituelle. La situation devient intenable par la suite dans sa Paroisse.

A la faveur des évènements malheureux de l’Assemblée Générale de l’E.P.C. à Elat terminée en queue de poisson et dans un branle–bas indigne des hommes de Dieu (un cafouillage suicidaire pour l’E.P.C.) et pour toutes les raisons politiques liées à l’ordre public et à l’imminence de la visite du président français de l’époque Jacques Chirac au Cameroun, cette Assemblée Générale ira clôturer ses travaux à Metet en l’absence d’un groupe de participants qui avait claqué la porte à Elat prenant un certain nombre de résolutions qui avaient été entérinées parmi lesquelles l’éclatement du Synode Municam en deux : le Synode Municam et le Synode Sud et bien d’autres qui auront une implication sur cette décision.

La tentative d’application et même l’application concrète de ces décisions dégénère en une véritable émeute à Tchangué, à des extrémismes qu’on aurait à peine soupçonnés, à des excès inimaginables, à des forfaits regrettables, tout cela au nom de……... Dieu ! ?

LA COEXISTENCE DES DEUX EGLISES : UNE DIVISION MATERIALISEE

On aurait pu croire à un mouvement d’humeur appelé à se calmer après un moment, au terme d’un temps de cicatrisation des blessures issues de l’incandescence de la période trouble de l’explosion. Et Dieu seul sait que les blessures, il y en a eu ! On aura espéré que compte tenu du fait que cet état de choses n’était pas une singularité de Tchangué, l’Eglise Presbytérienne Camerounaise allait finir par ramener la situation à la normale, à la régularité, comme on s’était trompé ! Les deux tendances se sont radicalisées à un point tel qu’aujourd’hui leurs positions sont cristallisées par la coexistence de deux églises en matériaux définitifs, avec la sortie du sol de l’immeuble de la tendance Synode Municam à Mekok alors que le Synode Sud occupe définitivement l’ancien immeuble en face de l’entrée de la plage. De quoi se demander si on a réfléchi sur le message d’un tel état des choses.

LA LEçON DE LA HONTE : LE DENI DE LA FOI CHRETIENNE

Depuis la naissance du christianisme au premier siècle de notre ère, face aux messages du Christ et sa philosophie qui se résumaient en l’amour et au pardon, le christianisme n’a cessé de prêter le flanc aux critiques avec ses nombreux schismes et les multiples tendances au sein de ses groupes. Cela n’a pas suffi à l’Eglise mère, l’Eglise catholique d’éclater en une Eglise Catholique Romaine et en une Eglise Catholique Orthodoxe ; au sein même de l’Eglise Catholique Orthodoxe, il a fallu que deux tendances voient également le jour. Comme si cela ne suffisait pas, il a fallu qu’intervienne également le grand schisme avec la réforme des Martin Luther, Calvin et autres. Encore que, eux au moins avaient une divergence d’idéologies. N’empêche, aujourd’hui, bien malin celui qui s’amuserait à dénombrer le nombre exact d’Eglises ou de confessions religieuses chrétiennes. On pourrait même comprendre encore la séparation Eglise Presbytérienne Camerounaise, Eglise Presbytérienne Camerounaise Orthodoxe dans cette optique ne serait–ce que de part cette différence de terminologie. Mais alors qu’en penser de cette situation de Tchangué ?

Une population de 500 à 1000 habitants. Dans une même Eglise, l’E.P.C.. Dans le cadre de Dieu ; partageant le message d’amour du fondateur du christianisme, incapable de concilier leurs divergences pour montrer cet exemple d’amour et de pardon ! Comment les deux églises de l’E.P.C. peuvent–elles encore prêcher sur l’amour et le pardon sans risque de se contredire ? Quel crédit peut–il leur être accordé dans ces conditions là où elles même semblent ne pas être convaincues par les messages du discours qu’elles tiennent ? En d’autres termes n’ont–elles pas fini par denier cette foi chrétienne qui est leur essence ? On aura tôt fait de crier à une analyse emphatique et rétorquer que le problème est bien circonscrit. Toujours est–il que même l’Eglise Presbytérienne Camerounaise dans son ensemble ne sort pas honorée, et pour cause !

LA DENEGATION DE L’E.P.C. DANS SES FONDEMENTS

Si on s’en tient à sa dénomination même, le fondement de l’Eglise Presbytérienne Camerounaise vient du second mot de son appellation en l’occurrence « presbytérienne ». C’est–à–dire qui appartient au presbytérianisme, cette forme d’organisation religieuse qui refuse le gouvernement de l’Eglise par des évêques (épiscopalisme). Cette forme presbytérienne a été établie par Calvin. L’autorité étant exercée par des assemblées de laïcs et de pasteurs étant entendu que presbytère vient du grec « presbyterium » qui signifie « Conseil des anciens ».

Ces anciens paroissiaux, des Consistoires, des Synodes et même des Assemblées Générales ne perçoivent–ils pas la gravité de la situation à Tchangué ? Dans les milieux urbains, la co–existence des Paroisses, Consistoires et Synodes s’explique certainement par la dimension même des villes, la taille de la population, le cosmopolitisme même de ces lieux. Mais à Tchangué, rien ne permet de comprendre un tel état de fait. Encore heureux même que tout au moins qu’elles soient toutes restées dans l’Eglise Presbytérienne Camerounaise, là où on avait eu vent de tant de désinformations ! EPCR (Eglise Presbytérienne Camerounaise Réformée ou Rénovée) par–ci, EPCN (Eglise Presbytérienne Camerounaise Nouvelle) par là… qui devaient sortir des fonds baptismaux. Comment ne parviennent–ils pas à les ramener à la raison. De quelle autorité sont toutes les institutions que l’EPC a mises en place dans son fonctionnement et son organisation ? Ont–elles les moyens de leurs missions ? Quelle efficacité peut–on attendre des décisions issues de ces institutions ? Quel avenir pour l’E.P.C. ? Celui où chacun se lève et crée des tendances au gré de ses intérêts ? Celui du désordre ?

LE PONCE–PILATISME ET LA DEMISSION DES ELITES

Face à cet embrouillamini, on est en droit de se demander où sont les élites ? Qui sont–elles ? De quelles élites s’agit–il ? Les intellectuels ? Les cadres de l’administration, les opérateurs économiques ? Les étudiants ? Qu’est–ce qu’une élite ? Tchangué a–t–il seulement des élites dans le terroir, au Cameroun et dans la diaspora ?

Dans tous les cas, soit les élites semblent indifférentes, ou alors se sont–elles accommodées de cet état de choses. Elles brillent par leur absence, leur démission, un sursaut d’orgueil de leur part est à souhaiter ne serait–ce que pour ceux qui ont tant donné pour la notoriété de cette Eglise et du village dont les uns et les autres se sont tant gargarisés.

AU NOM DE LA MEMOIRE DES PIONNIERS DE L’E.P.C. A TCHANGUE

Ceux–ci vont des fils du terroir à Tchangué, aux fidèles de la Paroisse, en passant par des filles venues d’ailleurs devenues épouses de Tchangué ou des fidèles de la Paroisse. Qu’on songe aux Anciens Effa Bama, Amvella Ada, Mfou’ou Nkolo, Mbita Nkoum, Mbita Bidja, Mfou’ou Kane (qui a eu l’idée de génie de commander une cloche outre–mer en ces temps–là et l’offrir à sa Paroisse –la cloche qui aurait été transférée à Elat–Ebolowa– dans un souci de la gloire et de l’honneur de la Paroisse). On peut encore citer comme fils du terroir figures les plus récentes, les frères Ango Bita, Bita Alfred, Akem Bita ; Mfou’ou Ango (Abou’ou) Pierre. Que dire de ces imminents fidèles d’Aloum Yemveng dont Ntyene Metou’ou, ce grand serviteur Ella Assam à Ngat, Ella Edjanga à Mebem, Ndjeng Jacob et Nkongo Silas à Efoulane, on ne peut tous les nommer. N’étaient pas en reste les femmes épousées ici. Ce ne sont pas les regrettées Mina Anyu Tulu Mengbwa, une Biyeng de Foulassi (l’épouse du regretté Chef Si Bita), Evina Mengue (la femme de Mbita Nkoum, frère de Si Bita, les épouses d’Effa Bama : Lydia Ntoutou et Maria ma Angono (qui réalisera l’exploit de continuer à payer les dîmes de son mari décédé, longtemps après sa mort), Ntyam Engozo’o (la Yékombo de Ngat, épouse de Zanga Moneamvom). Ce ne sont pas elles qui diraient le contraire. Ne rend–t–on pas agité leur repos où ils sont ? A–t–on le droit de leur faire ça ? Il est temps de songer à remédier à cette situation. Peut–être la venue de l’Arrondissement atténuera–t–elle l’ignominie de la situation.

QUELQUES PERSPECTIVES A L’HEURE DE L’ARRONDISSEMENT

Au nom du fait que ces gens sont d’abord tous frères, au nom de Dieu qu’ils servent, au nom de Jésus Christ dont ils sont censés être les fidèles courroies de la pensée et de la doctrine, et même aux noms de tous ceux qui ont tant donné pour le prestige de cette église et de ce village, un appel à la réconciliation s’impose : la co–existence des deux chapelles à l’intérieur du même Consistoire dans le même Synode rendrait un énorme service aux piliers du message de la foi chrétienne de l’amour et du pardon, à l’exemplarité de la pratique du discours à l’E.P.C. dans le monde en bute à toutes les contradictions, dans un souci d’efficacité de la doctrine chrétienne.

On peut aussi procéder à la rétrocession de l’une des églises à un nouveau Synode avec l’afflux très prochain des croyants provenant des origines diverses. Tant est que les deux immeubles sont déjà là et qu’ils sont assez présentables, contribuant ainsi au développement dans le cadre des infrastructures de la localité.

Dans le cadre de la réconciliation, la répartition des compétences peut se faire par l’attribution de l’une des Eglises au culte francophone dans une église réunifiée à l’heure de l’arrivée massive à venir des populations diverses.

Afin que cette coexistence dans les conditions actuelles cesse d’être le symbole de toutes les hontes.


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