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Historique de la Dénomination de la Capitale Politique du Cameroun 
Du village d’Essono Ela à Yaoundé via Ngola

Yaoundé la Capitale camerounaise surnommée encore « la ville aux sept collines » abrite la plupart des institutions du Cameroun, dont elle est en quelque sorte la vitrine. Comparativement à d’autres Capitales, la dénomination de la capitale camerounaise n’est pas restée immuable dans le temps.

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En fait avant et pendant le premier contact avec le blanc, l’espace nommé de nos jours Yaoundé portait d’autres appellations. Le vocable Yaoundé quant à lui aux yeux du profane peut rester vide de sens, or chez les Kolo’o Beti, plus précisément chez les Ewondo Beti, le terme Yaoundé a un sens précis.

L’étude des dénominations antérieures nécessite l’exploration de la période précoloniale.

Avant l’arrivée du Blanc, l’espace qui de nos jours abrite les institutions politico–administratives du Cameroun portait un autre nom. Par tradition chez les Ewondo, les territoires portaient le nom de la famille qui y résidait. Ainsi, Yaoundé des temps anciens se dénommait « Mvog Beti Messa » tandis que le premier centre de direction et d’administration des autochtones se trouvait au village d’un certain Essono Ela, d’où surgira le nom Ngola.

Préalablement le vocable Ngola en Ewonodo, langue vernaculaire des autochtones de la ville de Yaoundé et ses environs renvoie à la barrière. A un moment de l’histoire, notre cité capitale portait le nom de barrière, d’ailleurs, de nos jours, ce nom perdure. C’est ainsi que les populations environnantes de la capitale, n’hésitent pas de répondre « me ke ô Ngola’ à la question de savoir « wa ke vé ? » quand ils prennent la destination de la Capitale.
D’où vient le nom Ongola ?

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Telle est la difficulté majeure afin de percer les mystères de l’évolution de la dénomination de notre chère cité capitale. Pour répondre à cette question, un patriarche de la ville nous ouvre sa bibliothèque. Père Henri Effa, digne fils des Mvog Beti nous guide. Suivons pas à pas le patriarche « le nom Ngola naguère attribué à notre Capitale par les Ewondo, remonte à l’arrivée des premiers blancs à Yaoundé. En effet, à l’arrivée du premier Allemand à Yaoundé, tout le monde le fuyait. Dans la conscience commune des autochtones, ce blanc était un revenant.

Sous le poids du cadavre de son frère et ne sachant où l’enterrer car redouté et repoussé par tous les autochtones, le blanc se rendit au village d’Essono Ela qui habitait où se trouve de nos jours l’ancien palais présidentiel devenu le musée national. Essono Ela par son hospitalité légendaire montra au blanc un emplacement afin d’enterrer son frère.

Le bon Allemand élit domicile à coté de la tombe de son frère et bâtit une résidence avec les briques de terre pour parachever son œuvre, il entoura cette résidence d’une clôture. C’est depuis l’intérieur de cette clôture qu’il administrait la population. Les autochtones ont donc bâti cet endroit Ngola c’est–à–dire clôture. Ainsi dans le bon vieux temps Ngoloa s’arrêtait à l’ancienne présidence plus précisément dans le village d’Essono Ela ».

A la lecture du récit du patriarche, on peut se poser la question de savoir comment en est–on arrivé à l’appellation Yaoundé ?

Cette question vaut son pesant d’or, car pour les polémistes Yaoundé est une importation. Pour eux, Ngola devrait être le nom officiel de la capital politique du Cameroun. Une appréhension profonde de la généalogie du peuple Ewondo consacre les origines locales du nom Yaoundé attribué à notre cité capitale.

En nous retournant une fois de plus vers notre patriarche, il nous édifie en ces termes relativement à la généalogie du peuple Ewondo. « Au sommet, on a un certain Fouda Togo qui engendra Ohandza pour certains Ohandza Baya. Ce dernier de ses unions a donné naissance à plusieurs familles, dans l’orbite desquelles on retrouve les Kolo’o Beti et les Eton Beti.

Les Kolo’o Beti ont hérité du nom Ohandza qui est devenu plus tard Ewondo. Le nom Ewondo ne veut pas dire les arachides comme le fait entendre une certaine opinion. Une analyse de cette généalogie au sommet montre que ce sont les fils d’Ohandza Baya qui peuplaient à l’origine Yaoundé

La lettre y renvoyant en beti au fils de Yaoundé signifie donc les fils d’Ohandza. On le sait, les terrains portaient autrefois le nom des familles qui y résidaient. Ainsi l’espace nommé Yaoundé pouvait être dénommé Mvog–Ohandza. Mais les autochtones ont préféré Yaoundé  c’est–à–dire les fils d’Ohandza. Le nom Yaoundé est donc la matérialisation de la consécration de l’héritage culture Ewondo.

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